Conseil des droits de l'homme : l'ONU toujours préoccupée par la situation au Burundi

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Les Nations Unies jugent la situation au Burundi toujours très préoccupante. Ce mardi à Genève, le Sous-Secrétaire général aux droits de l’homme a fait état de tensions politiques continues qui menacent d'escalader en une spirale de violences. Devant le Conseil des droits de l'homme, Ivan Šimonović a rappelé qu'entre le début de la crise en avril 2015 et le 1er mars dernier, au moins 474 personnes ont été tuées et que 36 autres auraient été victimes de disparitions forcées.  Plus de 4950 personnes ont été détenues dans le contexte de la crise, dont 1834 le restent encore.  Il y a eu 496 allégations de tortures ou mauvais traitements.

Même sentiment d'inquiétude de la part du Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires sommaires ou arbitraires et membre de la Mission d'Experts indépendants des Nations Unies sur le Burundi. Christof  Heyns fait état d'un faisceau d'indices montrant des exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, de même que des actes de torture, de disparitions forcées ayant eu lieu durant la crise. Des abus qui peuvent être attribués, dans certains cas, à l'État, dans d'autres, à l'opposition armée.

« L’espace pour la société civile et l’opposition politique devrait être renforcé.  La persécution des membres de la société civile doit cesser au Burundi, fait remarquer Christof  Heyns.  Les représentants du gouvernement doivent arrêter leurs discours inflammatoires qui incitent à la division ethnique.   En fait, ils ont la responsabilité d’encourager la coexistence ethnique et de condamner les violations des droits humains.  En outre, Bujumbura doit engager des discussions ouvertes et franches avec le Rwanda pour résoudre les problèmes de sécurité et la gestion de la crise des réfugiés.

Par ailleurs, nous soulignons que les Experts indépendants de l'ONU s'efforceront à faciliter l’assistance technique au Gouvernement et à d’autres acteurs. Dans ce contexte, il est important d’explorer ce qui peut être fait s'agissant des allégations relatives à l’existence de charniers ».

Lors des débats, le Sous-Secrétaire général aux droits de l’homme a indiqué que 41 personnes détenues figurant sur une liste de 125 prisonniers politiques libérés la semaine dernière.  Il y a vu des signes d'efforts pour rétablir l'état de droit et a exhorté les autorités burundaises à libérer tous les autres détenus politiques.  Toutefois ces signaux sont suivis par des informations faisant état de diverses arrestations récentes, mais aussi d'intimidations, de harcèlements et de tortures. Ivan Šimonović a d'ailleurs rappelé l'espace extrêmement réduit dont bénéficie aujourd'hui la société civile au Burundi.

Face aux inquiétudes des Nations Unies et des experts indépendants de l'ONU, Bujumbura a fait état d'une normalisation de la situation, que ce soit sur le plan social, économique, politique ou sécuritaire, même si des défis persistent.  Par ailleurs, le Ministre burundais des droits humains, M. Martin Nivyabandi a tenu à « fustiger la volonté manifeste et affichée de manipuler l'opinion publique sur des questions de très haute sensibilité, comme l'imminence d'un génocide contre les Tutsi du Burundi ».

(Extrait sonore : Christof  Heyns, Rapporteur spécial des Nations Unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires et Membre de la Mission d'Experts  indépendants des Nations Unies sur le Burundi)

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18/10/2017
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