Conseil des droits de l'homme : la RDC réfute les accusations de rétrécissement de l'espace politique

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Kinshasa durcit le ton contre ceux qui s'inscrivent dans une logique « d'incitation à la violence et à des troubles à l'ordre public ». Devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, le Ministre de la Justice et des droits humains de la République démocratique du Congo (RDC) a indiqué que « le Président Joseph Kabila refuse » qu'un scrutin mal organisé devienne « un motif de revendications pouvant susciter des troubles à l'ordre public ». Mais avant d'évoquer ces futures élections présidentielle et législatives prévues en novembre prochain, Alexis Thambwe-Mwamba revient d'abord sur les mesures prises par son pays dans la lutte contre l'impunité.

 

Dans cette interview accordée à la Radio des Nations Unies, le garde des Sceaux congolais note que dans la lutte contre l'impunité, son pays a franchi le seuil de la simple dénonciation dans ce sens que « tous les cas des violations des Droits l'Homme avérés font l'objet des poursuites judiciaires ». Dans ce combat, Kinshasa rappelle que les forces sécuritaires ne sont pas épargnées. Selon les statistiques sur la population carcérale en République Démocratique du Congo (RDC), sur 26.000 prisonniers, il y a 4.000 militaires et 1.500 policiers dont des officiers supérieurs et généraux condamnés pour des infractions liées aux Droits de l'Homme notamment le viol. « Ceci est une amélioration considérable dans le domaine de la lutte contre l'impunité », fait d'ailleurs remarquer Alexis Thambwe-Mwamba.

Concernant les futures élections présidentielle et législatives, le Ministre de la Justice de la RDC réfute certaines critiques sur la restriction de l’espace politique congolais alors que certains acteurs de la société civile estiment que cela menace déjà la crédibilité du processus électoral. « Lorsque le Gouvernement s'aperçoit que l'exercice d'un droit par un individu ou un groupe d'individus est susceptible d'occasionner la violation des droits des autres membres de la communauté nationale, il a le droit d'intervenir pour l'en empêcher. Ceci ne peut être qualifié ni de « rétrécissement de l'espace politique », ni de « violation des libertés publiques », a souligné le Ministre devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU.

Une façon pour Kinshasa de répondre aux « critiques acerbes dirigées contre le Gouvernement à la suite de la condamnation à 2 ans de prisons de quelques activistes des droits de l'homme par le Tribunal de Grande Instance de Goma ».

Il faut juste rappeler aussi que le Représentant adjoint de la Mission de l'ONU en RDC (MONUSCO) s'est voulu optimiste au sujet de ces échéances électorales congolaises. Dans une interview accordée à la Radio des Nations Unies, Dr Mamadou Diallo s'est mis « à rêver de la tenue d'élections pacifiques et transparentes qui permettraient aux Congolais de choisir les hommes et les femmes qui vont diriger leur pays dans les années à venir ». « Nous avons encore cet espoir là et nous continuons à marteler ce message avec les Congolais qu'une élection est une retrouvaille avec les citoyens et ça ne devrait pas être une cause de conflit », avait souligné le Coordonnateur humanitaire de l'ONU en RDC, de passage à Genève pour rencontrer les pays donateurs.

(Interview : Alexis Thambwe-Mwamba, Ministre de la Justice et des droits humains de la RDC ; Propos recueillis par Alpha Diallo)

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18/10/2017
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