Centrafrique: l'ONU déploie d'importants efforts pour enquêter sur les allégations d'abus sexuels par des soldats de la paix

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Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein. Photo : ONU / Jean-Marc Ferré

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a déclaré jeudi que d’importants efforts étaient en cours pour enquêter sur les allégations d’exploitation et d’abus sexuels par des soldats des Nations Unies, de la France et de groupes armés locaux qui ont été signalées ces deux dernières semaines par plusieurs équipes des Nations Unies dépêchées dans la Préfecture de Kémo, en République centrafricaine.

« Aucun effort ne doit être ménagé dans l’enquête des Nations Unies sur ces allégations révoltantes, qui portent sur des cas d’abus et d’exploitation sexuels d’un grand nombre de femmes et de filles », a déclaré Zeid Ra’ad Al Hussein dans un communiqué de presse.

« Nous prenons ces allégations, dont certaines sont particulièrement odieuses, extrêmement au sérieux. Il est essentiel que les victimes soient protégées et reçoivent tous les soins nécessaires », a-t-il ajouté.

La plupart des allégations concernent les contingents burundais et gabonais présents dans la région de Kémo entre 2013 et 2015, ainsi que la force française distincte Sangaris qui était aussi stationnée sur place au cours de cette période. Les allégations d’abus dans d’autres parties du pays continuent aussi à faire l’objet d’enquêtes.

Les autorités des trois pays concernés ont été formellement informées des allégations portées contre leurs troupes.

« Les Etats auxquels appartiennent ces troupes doivent mettre un terme aux abus, punir leurs auteurs par des peines appropriées et empêcher d’autres violations. Sinon ce terrible cycle d’abus ne s’arrêtera jamais », a déclaré Zeid Ra’ad Al Hussein.

« Le renvoi chez eux des soldats disgraciés constitue une réponse tout à fait inadéquate à des actes tels que le viol de mineurs. Du côté des Nations Unies, nous avons promis de faire le maximum pour mettre à jour les crimes commis et pour encourager et persuader les Etats de faire beaucoup plus que ce qu’ils ne font à l’heure actuelle. Il faut que des comptes soient rendus et il faut une dissuasion crédible », a-t-il ajouté.

Mercredi soir, le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, a indiqué dans une note à la presse diffusée mercredi soir que les unités burundaises et gabonaises qui seraient impliquées « resteront confinées dans les camps pendant l’enquête, à l’exception des tâches essentielles ».

« Les pays contributeurs de troupes se sont vu demander d’envoyer des enquêteurs immédiatement pour participer conjointement à l’enquête en cours », a-t-il ajouté.

Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies à l’appui aux missions, Atul Khare, a rencontré le Représentant permanent du Burundi mercredi 30 mars et le Conseil de sécurité devait être tenu informé des derniers développements lors d’une session à huis clos jeudi 31 mars. Une réunion avec des représentants du Gabon aura lieu dès que possible, a précisé le porte-parole.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

 

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20/10/2017
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