Burundi : Ban Ki-moon appelle les dirigeants à faire preuve de « courage » pour lancer un processus politique crédible

Écouter /

Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies. Photo: ONU/Mark Garten

Le Secrétaire général a appelé, vendredi, les dirigeants politiques du Burundi à faire preuve de suffisamment de courage pour lancer un processus politique crédible, soulignant qu'il n'y pas d'autre alternative qu'une solution politique à la crise que connait le pays.

Venu livrer, devant le Conseil de sécurité, le compte rendu de sa visite au Burundi le mois dernier, Ban Ki-moon a indiqué que pendant son déplacement il avait exprimé sa profonde inquiétude de voir la violence dégénérer en guerre civile, et s'était vu assuré par le Gouvernement burundais que la situation était en train de se stabiliser progressivement.

Le Secrétaire général a toutefois indiqué que lors des rencontres qu'il a eues avec des organisations de la société civile et des partis de l'opposition, la situation avait été dépeinte d'une toute autre manière, et qu'il avait entendu des allégations profondément troublantes de violations des droits de l'homme.

En la matière, le Haut-Commissaire aux droits de l'homme, qui était également présent, a indiqué que malgré certains progrès limités, liés notamment à la libération provisoire, cette semaine par le Gouvernement, d'un groupe de 47 détenus, de graves violations des droits de l'homme continuent d'être perpétrés dans le pays

Devant les Quinze Zeid Ra'ad al-Hussein a signalé qu'il n'y avait eu aucune baisse du nombre d'arrestations et de détentions arbitraires. Des informations font état d'une hausse du recours à la torture et au mauvais traitement, et les attaques à la grenade sont devenues une affaire pratiquement quotidienne.

Le Haut-Commissaire a aussi fait savoir que la semaine dernière, 16 membres du FNL, le parti de l'opposition avait été arrêté dans la province de Kirundo. Et que deux membres du CNDD-FDD, le parti au pouvoir, avaient été abattu lundi. Zeid Ra'ad al-Hussein a averti que le Burundi demeure sur le point de voir une soudaine flambée de la violence.

Lors de son intervention, le Secrétaire général a aussi attiré l'attention du Conseil de sécurité sur les graves conséquences humanitaires des troubles politiques et de la violence, signalant que les zones touchées par la crise connaissaient une baisse des récoltes et que près de 700 000 personnes souffrent d'insécurité alimentaire sévère au Burundi.

(Mise en perspective : Isabelle Dupuis)

 

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
23/10/2017
Loading the player ...