Yémen : les divisions persistantes ne permettent pas d'organiser une nouvelle série de pourparlers, selon l'ONU

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Les conséquences d'un bombardement aérien de la coalition menée par l'Arabie saoudite au Yémen. Photo : Almigdad Mojalli / IRIN

L’Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen, Ismail Ould Cheikh Ahmed, a estimé mercredi que les divisions entre les parties au conflit restent profondes et qu’elles empêchent la tenue d’une nouvelle série de pourparlers de paix.

Des pourparlers de paix ont eu lieu en décembre en Suisse mais ont été ajournés quelques jours après avoir commencé en raison des nombreuses violations de l’accord de cessation des hostilités.

« Tragiquement, la situation sécuritaire au Yémen s’est détériorée depuis la fin des pourparlers. Les plus récents rapports de l’ONU indiquent que plus de 6.000 Yéménites ont été tués depuis mars 2015 et plus de 35.000 autres blessés », a dit M. Cheikh Ahmed lors d’un exposé devant les membres du Conseil de sécurité.

« De nombreuses régions du Yémen sont de nouveau affectées par des frappes aériennes et des combats au sol intenses. Il y a eu une augmentation significative du nombre de missiles tirés de manière aveugle en Arabie saoudite. L’escalade des activités militaires et l’aggravation des tensions régionales ont créé des obstacles supplémentaires qui menacent de retarder un nouveau cycle de pourparlers », a-t-il ajouté.

Selon l’Envoyé spécial, l’absence de l’Etat dans de nombreuses régions du Yémen a facilité l’expansion des groupes terroristes, qu’il s’agisse d’Al Qaïda ou de l’Etat islamique d’Iraq et du Levant (EIIL/Daech). « Il y a eu une augmentation notable du nombre et de l’ampleur des attaques perpétrées par les groupes terroristes à Aden, Lahej, Abyan, Shabwa et Sanaa », a-t-il souligné.

Ismail Ould Cheikh Ahmed a indiqué qu’il avait mené, ces dernières semaines, une série de consultations avec les dirigeants yéménites et les partenaires régionaux.

« Lors de ces récentes consultations, j’ai cherché à garantir que certains des engagements positifs obtenus lors des pourparlers en Suisse soient appliqués », a-t-il dit. « Même si nous sommes loin d’un règlement global, ces engagements apportent des bénéfices tangibles aux Yéménites et renforcent le processus de paix ». L’Envoyé spécial a précisé que les pourparlers de décembre en Suisse avaient notamment abouti à des mesures pratiques, telles que la fourniture d’une assistance humanitaire à la ville de Taëz et la libération de certains prisonniers.

« Malgré ces progrès limités, de profondes divisions persistent qui m’empêchent d’organiser la prochaine série de pourparlers », a dit M. Cheikh Ahmed. « Les parties prenantes sont divisées sur le fait de savoir si une nouvelle série de pourparlers devrait être organisée avec ou sans une nouvelle cessation des hostilités. Je n’ai malheureusement pas reçu d’assurances suffisantes selon lesquelles une nouvelle cessation des hostilités serait respectée ».

De leur côté, le Conseiller spécial du Secrétaire général sur la prévention du génocide, Adama Dieng, et la Conseillère spéciale sur la responsabilité de protéger, Jennifer Welsh, ont exprimé leur préoccupation concernant le lourd tribut payé par les civils.

Dans un communiqué de presse conjoint, les deux conseillers ont souligné « qu’un an après le début de l’escalade du conflit au Yémen, le monde observe l’érosion du respect des droits de l’homme et du droit humanitaire dans le pays au jour le jour ».

Ils ont appelé la communauté internationale, et notamment le Conseil de sécurité, à prendre des mesures « pour mettre fin à cette situation inacceptable ».

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

 

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18/10/2017
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