Syrie : plus 30.000 civils forcés de fuir Alep et l'ONU mobilisée pour l'aide humanitaire

Écouter /

Le camp Tesreen, à Alep, en Syrie. Photo d’archives: OCHA/Josephine Guerrero

Plusieurs milliers de personnes ont fui les violents combats entre troupes gouvernementales et groupes armés d'opposition dans la province d’Alep. Le dernier bulletin humanitaire Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) note que plus de 30.000 civils ont dû quitter Alep et d'autres régions du nord de la Syrie la semaine dernière. Alors que les combats font rage au sol et que les bombardements aériens des alliés Damas se poursuivent, les Nations Unies se sont vivement préoccupées de ces nouveaux déplacements de civils. D'autant plus que près de 80% des civils forcés de fuir seraient des femmes et des enfants.

 

Le dernier bulletin humanitaire Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) fait état « d'informations selon lesquelles des civils ont été tués et blessés, et que les infrastructures civiles, notamment au moins deux hôpitaux, ont été touchés » au cours de ces combats dans le gouvernorat d'Alep. Dans ces conditions, des milliers de civils se sont dirigés vers le nord et vers la Turquie. La plus grande partie de ces réfugiés se trouvaient soit sur la route, soit devant le poste-frontière de Bab al-Salama. « Alors que certains Syriens ont trouvé refuge chez des familles d’accueil, les camps de personnes déplacées dans les zones proches de la frontière avec la Turquie sont déjà pleins », fait-on remarquer du côté du Bureau onusien des secours d'urgence.

Outre la situation à Alep, l'ONU s'est également dit très préoccupée par la situation des personnes dans d’autres régions du pays, y compris dans le gouvernorat de Deraa, au sud, où l’intensification des combats a entraîné le déplacement de milliers de personnes et fait des morts et des blessés parmi les civils.

« Les gens ont besoin de toute urgence d’un abri et de nourriture », a insisté le Chef de l’humanitaire de l’ONU dans une déclaration à la presse publiée hier à New York. Stephen O’Brien a indiqué que les agences des Nations Unies et leurs partenaires humanitaires s’efforçaient d’augmenter rapidement les stocks et d’offrir aux familles nouvellement déplacées de la nourriture, de l’argent liquide ou des bons alimentaires lorsque cela est possible. Des cliniques mobiles sont également déployées.

Et face à cette nouvelle vague de violence, le Chef de l’humanitaire de l’ONU avait d'ailleurs demandé «aux parties prenantes au conflit de cesser immédiatement toutes les actions qui pourraient causer la mort de civils et des dégâts, de permettre aux civils de se déplacer vers des zones plus sûres et de ne pas cibler les infrastructures médicales et les autres infrastructures civiles ».

(Interview : Vanessa Huguenin, Chargée d'information au Bureau d'OCHA à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
23/10/2017
Loading the player ...