Ouganda : l'ONU préoccupée par le climat post-électoral et l'arrestation d'opposants

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Yoweri Museveni, Président de l’Ouganda, lors d’une intervention devant l’Assemblée générale (archive). Photo: ONU/Kim Haughton

En Ouganda, trois jours après l’annonce des résultats donnant le Président sortant Yoweri Museveni vainqueur, les tensions politiques sont encore bien présentes. Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme s'est donc vivement préoccupé du climat post-électoral dans ce pays. Les services du Haut-Commissaire Zeid notent qu'au moins deux civils ont été tués et un nombre indéterminé de blessés. Les patrouilles des forces de l’ordre se poursuivent à Kampala. Et cette tension sur le terrain est aussi marquée par l’arrestation de quatre dirigeants de l’opposition depuis la tenue du scrutin jeudi dernier.

 

Preuve de ce durcissement dans la capitale ougandaise, le principal opposant, Kizza Besigye, a été arrêté dans la matinée d'hier lundi 22 février. Depuis le scrutin présidentiel du 18 février, c'est sa troisième arrestation. Kizza Besigye était assigné à résidence depuis vendredi soir mais ce lundi matin, il a été arrêté et emmené dans un fourgon de police au commissariat de Nagalama, à une trentaine de kilomètres au nord de Kampala.

Deux autres candidats à la présidence ont également été arrêtés ces derniers jours. Amama Mbabazi, du parti Go Forward, a été assigné à résidence depuis samedi, tandis qu'Abed Bwanika, président du PDP (Parti du développement du peuple), aurait été intercepté par la police vendredi à Mutukula, près de la frontière tanzanienne alors qu'il tentait de quitter le pays avec sa famille. Selon le Haut-Commissariat aux droits de l'homme, cette traque des opposants n'a pas épargné le Maire de Kampala. Erias Lukwago a également été arrêté samedi dernier alors qu'il s'adressait aux médias au sujet de l'arrestation de Kizza Besigye.

Face à ce climat de tension post-électorale, le Haut-Commissariat a invité Kampala à se conformer à ses obligations internationales sur la liberté d’expression et d’association. Il demande aux forces de l'ordre de limiter au strict minimum l'usage excessif de la force contre les manifestants et que toute personne arrêtée doit être informée sur-le-champ des motifs de son arrestation.

Il faut juste rappeler que Yoweri Museveni a été déclaré vainqueur samedi de l’élection présidentielle avec 60,7%.

(Interview : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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20/10/2017
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