Méditerranée : hausse du nombre de décès d'enfants réfugiés lors de la traversée

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Des volontaires grecs portant secours à des réfugiés qui viennent de débarquer à Lesbos (Photo: UNHCR/ A. Zavallis)

La terrible image d’Aylan, ce petit garçon syrien mort noyé dont le corps a échoué sur une plage turque, avait bouleversé le monde entier en septembre dernier. Beaucoup ont été choqués par cette image de ce petit corps sans vie. Pourtant malgré la très forte émotion suscitée par la mort d'Aylan Kurdi, le flot des réfugiés n'a pas cessé d'augmenter, avec son lot de mauvaises nouvelles. Et depuis la mort bouleversante du jeune Aylan en septembre, 340 enfants réfugiés sont morts noyés en tentant la traversée en Méditerranée orientale.

Dans un communiqué conjoint, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) notent qu'en moyenne, deux enfants se noient quotidiennement depuis septembre dernier. Et dans ce cimetière marin qu'est devenue la Méditerranée orientale, ces agences onusiennes basées à Genève pensent que ces chiffres pourraient être beaucoup plus importants. D'autant plus cette voie de la mer Egée entre la Turquie et la Grèce est parmi les plus meurtrières dans le monde pour les réfugiés et les migrants. Une situation d'autant plus préoccupante avec la dangerosité de ces traversées en raison notamment des mauvaises conditions climatiques de l'hiver, de la surcharge et de la mauvaise qualité des bateaux de fortune utilisés par les migrants.

Depuis le début de l'année, plus de 80.000 réfugiés et migrants ont rejoint l'Europe via la Méditerranée et plus de 410 personnes sont mortes au cours de cette périlleuse traversée. Il faut juste rappeler que les enfants représentent actuellement 36% de ceux qui risquent la traversée périlleuses entre la Grèce et la Turquie. Ce chiffre pourrait être plus élevé car beaucoup d'enfants ne déclarent pas leur âge avant d'avoir atteint leur destination finale.

Dans ces conditions, l'UNICEF, le HCR et l'OIM appellent au renforcement de la sécurité des personnes fuyant les conflits.

(Interview : William Splinder, porte-parole du HCR à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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20/10/2017
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