Lors d'une cérémonie à New York, l'ONU salue la mémoire de Boutros Boutros-Ghali

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L'ancien Secrétaire général de l'ONU, Boutros Boutros-Ghali, lors d'une conférence de presse au siège de l'ONU en 1994. Photo ONU/Milton Grant

A l’occasion d’une cérémonie organisée à la mémoire de l’ancien Secrétaire général des Nations Unies Boutros Boutros-Ghali, décédé le 16 février 2016, l’actuel chef de l’Organisation, Ban Ki-moon, a salué cet ancien diplomate égyptien, dont le mandat onusien avait été marqué par le contexte d’après-guerre froide, une augmentation des missions de paix et un esprit d’indépendance.

« Je présente mes sincères condoléances à sa veuve, Mme Leia Boutros-Ghali, aux autres membres de la famille Boutros-Ghali, au peuple égyptien et à toutes celles et ceux qui déplorent cette perte », a déclaré M. Ban dans l’enceinte de l’Assemblée générale de l’ONU, à New York, où avait lieu la cérémonie.

Boutros Boutros-Ghali, qui a été à la tête de l’Organisation de janvier 1992 à décembre 1996, « a eu à la fois la chance et l’infortune d’être le premier Secrétaire général des Nations Unies à occuper ce poste dans un contexte d’après-guerre froide », a-t-il ajouté.

Si les Nations Unies n’ont pas été autant paralysées pendant la guerre froide que beaucoup l’ont laissé entendre, ce nouveau contexte international a donné à l’Organisation de nouvelles marges de manœuvre pour agir, a salué le Secrétaire général.

« [L'après-guerre froide] a été source de promesses, mais aussi de dangers – et M. Boutros-Ghali a connu l’un comme l’autre », a noté M. Ban, ajoutant que, le premier mois de son entrée en fonction, M. Boutros-Ghali a eu l’occasion de présider le premier Sommet du Conseil de sécurité de l’ONU.

Le Secrétaire général a décrit son prédécesseur comme un homme « fourmillant d’idées », qui s’inspiraient notamment de sa longue carrière de professeur de droit international. En tant que premier Secrétaire général africain et arabe, M. Boutros-Ghali a également créé un précédent et utilisé sa fonction pour systématiquement donner la parole aux membres les plus pauvres et les moins puissants de la famille humaine, a salué M. Ban.

« M. Boutros-Ghali a également été à l’avant-garde d’une augmentation sans précédent des activités de maintien de la paix », a rappelé le chef de l’ONU, citant notamment les opérations de l’ONU au Cambodge, à El Salvador et au Mozambique.

L’ancien Secrétaire général, a-t-il ajouté, a entrepris d’importants efforts de restructuration et des réformes de gestion qui ont renforcé l’Organisation, allant notamment dans le sens d’une démocratisation du système international.

Que ce soit en tant que diplomate égyptien, Secrétaire général de la Francophonie ou chef de l’ONU, M. Boutros-Ghali a su gagner le respect de tous, a dit M. Ban.

« Pourtant, il n’a jamais tenté de se faire aimer de tout le monde. Sans doute, certains le trouvaient-ils trop direct, d’autre trop professoral et d’autres encore, trop résolument indépendant – objectif qu’il considérait comme étant la plus importante des vertus pour un Secrétaire général des Nations Unies », a déclaré le chef de l’ONU.

« À une époque tumultueuse, Boutros Boutros-Ghali a aidé l’ONU à trouver ses marques dans un nouveau paysage mondial », a conclu M. Ban. « Alors même que nous tentons d’en faire autant aujourd’hui, continuons à faire fructifier son héritage. Qu’il repose en paix ».

(Mise en perspective : Jérôme Longué, avec un extrait de la déclaration de Ban Ki-moon)

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24/06/2016
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