L'ONU exhorte la Russie à ne pas mettre en oeuvre un traité d'extradition avec la Corée du Nord

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Le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme en RDPC, Marzuki Darusman. Photo ONU/ Jean-Marc Ferré

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme en République populaire démocratique de Corée (RPDC), Marzuki Darusman, a exhorté le gouvernement russe de ne pas mettre en œuvre le traité d'extradition signé entre les deux pays, au début de ce mois. Selon certaines informations, on estime à 10 000 le nombre de travailleurs nord-coréens présents en Russie, dont certains continuent à y résider même après l’expiration de leurs contrats, afin d'y demander l'asile. D'autres Nord-Coréens fuyant leur pays tentent de passer par le Russie pour se rendre ailleurs.

Dans un communiqué particulièrement alarmant, Marzuki Darusman, Rapporteur spécial des droits de l'homme sur la situation des droits de l'homme en RPDC, a dénoncé la signature d'un traité datant du 2 février demandant le transfert et la réadmission d'individus qui auraient illégalement quitté leur pays, et séjourné illégalement ailleurs.

L'expert craint que ce traité provoque un rapatriement forcé de citoyens nord-coréens, qui risquent de subir des violations des droits de l'homme, dans leur pays d'origine, en contravention avec les obligations internationales de la Russie. Il craint également que ce type de traité ne soit utilisé pour capturer tout citoyen issu de Corée du Nord à la recherche d'un asile.

Déjà en 2014 la Commission des Nations Unies sur les droits de l'homme en RPDC avait indiqué dans un rapport que les personnes rapatriées de force étaient régulièrement soumises à des actes de torture, de détention arbitraire, d'exécution sommaire, voire d'avortements et autres formes de violences sexuelles. La Commission avait exhorté les pays à respecter le principe de non-refoulement.

(Mise en perspective Tsigué Shiferaw)

 

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18/10/2017
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