La vie de près d'un million d'enfants africains en danger à cause d'El Niño, selon l'UNICEF

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Un champ de sorgho desséché en Ethiopie en raison de l'impact du phénomène météorologique El Niño. Photo OCHA

Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a déclaré mercredi que près d’un million d’enfants ont besoin d’un traitement pour la malnutrition aiguë sévère en Afrique orientale et australe, en raison de la sécheresse prolongée et des conditions extrêmes liées au phénomène météorologique El Niño.

« Les pluies irrégulières et la sécheresse des deux dernières années, doublées de l’influence d’El Niño la plus forte enregistrée en 50 ans, ont eu des conséquences désastreuses sur la vie des enfants les plus vulnérables », a déclaré la Directrice régionale de l’UNICEF pour l’Afrique orientale et australe, Leila Gharagozloo-Pakkala, dans un communiqué de presse.

El Niño est un facteur qui contribue aux conditions météorologiques extrêmes. Ce phénomène naturel résulte de l’interaction de l’océan et de l’atmosphère dans le centre-est du Pacifique équatorial. Il a des répercussions sur toute la planète, affectant la pluviométrie et les températures, notamment dans les régions tropicales d’Afrique, d’Asie-Pacifique et d’Amérique latine. L’influence d’El Niño constatée au cours de la période 2015-16 est d’une intensité comparable à celle de la période 1997-98, qui a eu de lourdes conséquences en matière de santé à travers le monde.

Selon Mme Gharagozloo-Pakkala, des millions d’enfants à travers la région sont menacés par la famine, la soif et la maladie, une situation d’autant plus grave que la hausse des prix des denrées alimentaires oblige les familles à adopter des mesures drastiques, telles que sauter des repas et la vente d’actifs.

« Le phénomène météorologique El Niño actuel va se résorber, mais le coût à payer pour les enfants, dont beaucoup vivent déjà au jour le jour, se fera sentir pendant plusieurs années », a déclaré la Directrice régionale. « Les gouvernements réagissent avec les ressources dont ils disposent, mais c’est une situation sans précédent. La survie des enfants dépend des mesures qui seront prises aujourd’hui », a-t-elle ajouté.

Le Lesotho, le Zimbabwe et la plupart des provinces d’Afrique du Sud ont déclaré l’état de catastrophe face à la pénurie croissante des ressources, a précisé Mme Gharagozloo-Pakkala. En Ethiopie, a-t-elle ajouté, il est estimé que le nombre de personnes ayant besoin d’une aide alimentaire passera de plus de 10 millions à 18 millions d’ici la fin de l’année 2016.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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13/12/2017
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