Inna Modja appelle le Mali à se mobiliser contre la mutilation génitale féminine

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Inna Modja aux Nations Unies à l’occasion de la Journée internationale contre les mutliations génitales féminines.(Photo: ONU/Manuel Elias)

Cette semaine dans Voix de femmes nous allons à la rencontre d'Inna Modja.

Cette chanteuse malienne est venue aux Nations Unies partager son histoire et son talent à l'occasion de la Journée internationale contre les mutilations féminines.

Elle revient sur son expérience doublement dramatique car cette jeune Africaine a non seulement subi l'excision mais cela c'est fait à l'encontre de la volonté de ses parents.

Inna Modja nous raconte l'impact physique et psychologique que la mutilation génitale féminine (MGF) a eu sur elle.

"En grandissant, sur le chemin entre l'adolescence et la femme, le moment où on se construit et où on se construit en tant que femme, j'étais complètement perdue parce que je ne savais qui j'étais ou ce que j'étais", explique cette artiste, ajoutant "je ne me sentais pas femme parce ce symbole de la féminité m'a été enlevé donc c'est en même temps ma dignité et mon identité qui m'ont été enlevées… en plus de la douleur physique a commencé la douleur psychologique."

Sa famille et la musique lui ont servi d'appui indispensable pour sa reconstruction. Aussi la réparation chirurgicale dont elle a bénéficié aux mains du Professeur Pierre Foldes l'a aidé à retrouver son intégrité physique, à guérir et à se reconstruire aussi sur le plan psychologique.

Inna Modja souhaite sensibiliser les prochaines générations aux méfaits de cette pratique néfaste, de faire changer les choses socialement afin de changer les mœurs, mais aussi de voir son pays, le Mali, se positionner contre ces pratiques, notamment à travers l'adoption d'une loi l'interdisant.

Selon cette jeune Africaine engagée, le plus important c'est que les femmes et filles qui ont subi les MGF aient conscience que c'est une violence qui leur a été faite, qu’elles ne l'ont pas méritée que ce n'est pas un choix qu'elles ont fait, et qu'elles n'ont pas à avoir honte parce qu'il y a beaucoup de tabous liés à l'excision— il est important de se voir en tant que personne, en tant que femme.

« On a été victime de quelque chose mais on a le droit de reprendre la main » affirme la dynamique Inna Modja.

(Interview : Inna Modja, chanteuse malienne et militante contre les MGF; propos recueillis par Cristina Silveiro)

 

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16/10/2017
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