Genève : le bilan sans complaisance d'une décennie du Conseil des droits de l'homme

Écouter /

Le Président Faure Gnassingbé Eyadema, Chef de l'Etat du Togo, à Genève lors de son premier Conseil des droits de l’homme (photo: ONU/Pierre Albouy)

Cette trente-et-unième session ordinaire du Conseil des droits de l'homme coïncide avec le dixième anniversaire de cet organe onusien basé à Genève. Le Conseil a été en effet créé par l'Assemblée générale de l'ONU le 15 mars 2006 à New York et a tenu sa première session à Genève le 19 juin 2006 à Genève. Et l'ouverture de cette nouvelle session a été l'occasion pour de nombreux pays de dresser un bilan sans complaisance du Conseil des droits de l'homme.

 

 

Dix ans : c'est l'âge de l'enfance. Et l'enfance, ça devrait être l'âge d'une certaine insouciance et des moments où l'on a encore le droit de rêver nuit et jour. Le Chef de la diplomatie suisse délivre ainsi des paroles fort imagées sur cette décennie du Conseil des droits de l'homme créé le 15 mars 2006. Une Façon pour Didier Burkhalter d'exhorter les Etats membres de l'ONU à un gros travail d'analyse sur le bilan de la décennie de cette institution basée à Genève.

A-t-on progressé dans le respect des droits humains depuis la création de ce Conseil, la réponse de Didier Burkhalter.

« La vraie réponse se lit dans le regard des enfants de dix ans. Pour beaucoup d'enfants, on en est encore loin en 2016. Aujourd'hui, alors que nous nous réunissons ici, dans cette cité genevoise de la paix, de nombreuses crises sévissent de par le monde. Notre monde éprouve beaucoup de difficultés à résoudre ces crises, qui déracinent des millions de personnes et qui font que beaucoup trop d'enfants, précisément, ne connaissent que des cauchemars, nuit et jour.

Prenons la Syrie : elle est en guerre depuis cinq ans, la moitié de la vie de ce Conseil des droits de l'homme ! Plus de onze millions d'enfants, de femmes et d'hommes ont dû quitter leur maison en raison de cette guerre civile syrienne : un terreau fertile pour l'arbitraire, les violations et les abus – de toutes parts – des droits de l'homme et du droit international humanitaire ».

Même son de cloche du côté de la France qui estime que ce dixième anniversaire doit être l'occasion d'un bilan sans complaisance et d'une remobilisation collective. Selon Paris, cette maison commune est fragile et face à la tentation du recul, il est de la responsabilité de la communauté internationale de défendre le Conseil des droits de l'homme. Et l'un de ses défis les plus urgents reste la dramatique situation en Syrie.

 « Les droits de l’Homme sont plus menacés que jamais, avertit Jean-Marc Ayrault Ministre français des Affaires étrangères. Et c’est le peuple syrien qui est le premier à en faire les frais. Depuis cinq ans, le régime de Damas commet, sans relâche, des crimes contre 1′Humanite. Il torture,  il assassine,  il affame en toute  impunité.  260.000 morts en cinq ans, essentiellement civils,  essentiellement tues par le régime.

En rappelant les crimes du régime syrien, je n’oublie pas la barbarie de Daech qui terrorise, avec une cruauté et une abjection rarement égalées.

Malheureusement, la Syrie n’a pas le monopole  des  violations  massives des droits de l'homme. Mais ne nous y trompons pas : le drame syrien est le test à l’aune duquel notre action en faveur des droits de l’Homme sera jugée ».

Et pour sa première participation aux travaux du Conseil des droits de l'homme, le Chef de l'Etat togolais a insisté d'ailleurs sur les effets pervers de l’extrémisme et du terrorisme, des fléaux qui menacent la réalisation de la transformation de nos sociétés.

« Les récents attentats en Europe et en Afrique de l’Ouest, les difficultés persistantes en Libye et en Syrie, l’insécurité sur les océans et les mers, montrent que notre volonté d’aller de l’avant peut être remise en cause à tout moment, fait remarquer le Président Faure Gnassingbé Eyadema. C'est pour cela que le gouvernement togolais fait des questions de sécurité, un enjeu majeur de politique nationale. C’est dans cet esprit que le Togo et l’Union Africaine ont convenu d’organiser à Lomé en octobre prochain, un sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de Gouvernement consacré à la sécurité maritime et au développement en Afrique ».

Dans tous les cas, le Chef des droits de l'homme de l'ONU Zeid Ra’ad Al Hussein pense que dans sa deuxième décennie d’existence, le Conseil devra agir davantage afin de s’assurer que les graves abus auxquels nous assistons aujourd’hui ne seront pas le prologue de souffrances encore plus grandes demain».

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève ; avec des extraits sonores du Président Faure Gnassingbé Eyadema, Chef de l'Etat du Togo ; Didier Burkhalter, Chef du Département fédéral des affaires étrangères de la Suisse ; et Jean-Marc Ayrault Ministre français des Affaires étrangères)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
08/12/2017
Loading the player ...