Face aux crises humanitaires dans le monde, Ban Ki-moon appelle à penser différemment

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Le Secrétaire général Ban Ki-moon, Photo ONU/Mark Garten

Alors que le monde est confronté à d’énormes crises humanitaires, notamment celle des réfugiés, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a appelé lundi la communauté internationale à « penser différemment » et à faire de la prévention des conflits et de la médiation une priorité.

S’exprimant devant la Faculté nationale de défense d’Oman, à Mascate, M. Ban a présenté cinq suggestions à ce sujet.

« D’abord, protégeons l’espace pour les efforts de prévention et de médiation. Les représentants de l’ONU doivent être en mesure de parler à une large gamme d’acteurs, dont ceux avec qui certains gouvernements ne sont pas en contact », a-t-il dit dans un discours.

« Deuxièmement, nous devons être sur le terrain pour analyser au mieux et construire la confiance », a-t-il ajouté. « Un des meilleurs moyens de le faire est d’avoir des Centres régionaux des Nations Unies pour la diplomatie préventive, travaillant avec les Etats et les sociétés concernés. Cela nous aide aussi à former des partenariats plus étroits avec les organisations régionales qui ont un rôle de premier plan pour répondre aux tensions et aux conflits dans leur voisinage ».

Le chef de l’ONU a également suggéré d’investir dans les instruments de l’ONU pour la prévention, le rétablissement de la paix et la consolidation de la paix. Selon lui, le Département des affaires politiques des Nations Unies joue un rôle important de médiateur mais manque de ressources.

« Quatrièmement, nous devons avoir une approche large de la prévention. Nous devons utiliser tous les outils à notre disposition – développement, droits humains, politique – pour répondre aux causes profondes des conflits », a-t-il ajouté, précisant que cette approche était au cœur de son Plan d’action pour prévenir l’extrémisme violent présenté le mois dernier.

Enfin, le Secrétaire général a suggéré d’impliquer davantage les femmes et les jeunes et de garantir l’inclusion des groupes traditionnellement marginalisés. « Les processus de paix doivent être inclusifs. Des négociations inclusives ont tendance à produire des résultats inclusifs et plus durables », a-t-il souligné.

S’agissant du conflit au Yémen, le chef de l’ONU a salué le rôle joué par Oman pour ramener la paix dans ce pays.

« Oman a apporté son aide pour obtenir en septembre dernier la libération de ressortissants étrangers détenus à Sana’a et a ouvert ses portes à des centaines de Yéménites ayant besoin d’une assistance médicale et de logements temporaires », a-t-il souligné.

M. Ban a également salué le soutien apporté par Oman à son Envoyé spécial pour le Yémen, Ismail Ould Cheikh Ahmed, notamment en lui permettant de rencontrer des représentants des parties au conflit à Mascate, avant des pourparlers de paix en Suisse l’an dernier.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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30/09/2016
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