Chine : l'ONU préoccupée par la répression des avocats et militants des droits de l'homme

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La Salle des civilisations du Palais des Nations où se tiennent les travaux du Conseil des droits de l’homme à Genève (photo: ONU/J. M. Ferré).

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme s'est vivement préoccupé des arrestations récentes d'avocats et du harcèlement dont sont victimes des critiques du gouvernement et des employés d'ONG. Zeid Ra'ad Al Hussein a ainsi invité Pékin à libérer « immédiatement et sans condition » les avocats et militants des droits de l’homme qu’elle détient.

Le Haut-Commissaire a déclaré qu'il avait apprécié d'avoir pu aborder ces cas avec les représentants chinois à Genève et reconnu leurs efforts pour clarifier les sujets abordés. Toutefois, les réponses qu'il a reçues indiquent que les autorités « trop souvent, par reflexe, confondent le rôle légitime des avocats et militants avec des menaces à l'ordre public et à la sécurité. »

Selon les services du Haut-Commissaire Zeid, la police a ainsi détenu environ 250 avocats défenseurs des droits de l’homme, juristes et activistes depuis juillet dernier. Beaucoup d’entre eux ont été relâchés. Mais 15 avocats ont été arrêtés en janvier dernier, dont dix pour «subversion à l’autorité de l’Etat» qui pourrait leur valoir jusqu’à 15 ans de prison. Parmi eux figurent les personnalités Li Heping et Wang Yu.

«Les avocats ne devraient jamais subir de persécution ou pour tout autre type de sanctions ou d’intimidation pour accomplir leurs devoirs professionnels», a dit M. Zeid. Il a en revanche salué la libération de deux activistes détenus à Guangdong depuis décembre dernier, tout en ajoutant que d’autres restent prisonniers.

Le Haut-Commissaire a également fait part de sa préoccupation face aux cas récents de disparitions d'employés de cinq libraires à Hong Kong qui publient des éléments critiques contre le gouvernement. Il a appelé le gouvernement à leur garantir une procédure «équitable» et a autorisé l’accès à leurs proches et leurs avocats.

Enfin, le Chef des droits de l'homme de l'ONU a mis en garde contre une loi en préparation en Chine qui « pourrait avoir des implications de grande envergure sur les ONG ». « Je regrette que de plus en plus de gouvernements dans le monde utilisent des mesures relatives à leur sécurité nationale pour restreindre les libertés d'expression, d'association et de rassemblement pacifique, et comme un instrument pour cibler les défenseurs des droits de l'homme et faire taire les critiques », fait-il remarquer.

(Extrait sonore : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

 

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24/06/2016
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