Afghanistan: un nombre de morts sans précédent pour l’année 2015 avec plus de 3.500 civils tués

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Haqumal (centre), un enfant de six ans de retour du Pakistan aime sa nouvelle école, l'école Anarul-Momineen à Pajhman, District de Kaboul, Afghanistan (Photo HCR/S.Rich)

En Afghanistan, l’année 2015 a été la plus sanglante pour les civils depuis 2009, date à laquelle l’ONU a commencé à compter le nombre d’Afghans tués ou blessés dans le conflit. Selon ce rapport conjoint de la Mission de l'ONU en Afghanistan et du Haut-Commissariat aux droits de l'homme, la guerre a fait au total 11.002 victimes civiles, dont 3.545 morts, en 2015. Un chiffre en hausse de 4% par rapport à l’année précédente et qui n'est pas étranger à l’augmentation des attaques des talibans dans les villes.

 

 

Combats et attentats dans les zones peuplées sont décrits comme la principale cause des décès de civils en 2015. Le rapport de l'ONU cite les incursions des talibans dans les centres urbains, et notamment leur brève conquête de la capitale provinciale Kunduz en septembre dernier.

Les plus vulnérables paient un prix fort. A cet égard, une victime sur quatre a été un enfant en 2015, soit un chiffre en hausse de 14% sur un an. Les combats et les engins explosifs artisanaux sont d'ailleurs les plus importantes causes de décès de mineurs, mais 113 enfants, soit deux par semaine, ont été tués et 252 blessés après avoir ramassé ou joué inconsciemment avec des munitions non explosées.

Autre cible, les femmes qui ont également payé un lourd tribut au conflit, avec une hausse de 37% du nombre de femmes touchées. Une victime sur dix est une femme. Le rapport montre que de plus en plus de femmes sont prises pour cibles en raison d’atteintes supposées à la moralité, et qualifie ces exécutions et châtiments de « tendance inquiétante ».

Quant au nombre de victimes causées par les forces pro-gouvernementales, armée afghane et troupes internationales, il a augmenté de 28% en un an. Au total, 17% des victimes en 2015 ont été causées par ces dernières, indique le rapport, selon lequel il n’a pas été possible d’établir qui avait causé les 21% de victimes restantes. L’ONU critique notamment l’usage de munitions explosives par les troupes afghanes dans des zones habitées.

Enfin, l'une des leçons du rapport, c'est que la justice a été prise pour cible. Le nombre de civils tués dans le cadre d’attaques ciblées contre des juges, des procureurs et des institutions judiciaires a doublé. Il y en a eu 188 cas l’an passé, dont 46 sont morts.

 

(Extrait sonore : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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18/10/2017
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