A Bujumbura, Ban Ki-moon salue la décision du Président burundais de relâcher 1.200 détenus

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Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies, s’adressant à la presse, le 23 février 2016 à Bujumbura, à l’issue de son voyage de 24 heures au Burundi (Crédit photo: Eskinder Debebe)

Au deuxième jour de sa visite à Bujumbura, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a salué mardi la décision du Président burundais, Pierre Nkurunziza, de relâcher 1.200 personnes en détention, mesure qu’il a qualifiée de pas dans la bonne direction pour une résolution pacifique du conflit actuel.

« Je me trouve au Burundi au moment où le pays est en crise. Nous ne pouvons pas nous permettre de le voir sombrer », a déclaré M. Ban lors d’une conférence de presse dans la capitale burundaise, suite à son entretien dans la matinée avec M. Nkurunziza.

Le Burundi traverse une grave crise politique depuis que son Président a pris la décision controversée de solliciter un troisième mandat présidentiel l’an dernier. M. Nkurunziza a ensuite été réélu en juillet 2015. Depuis le début de la crise politique, des centaines de personnes ont été tuées et des centaines de milliers d’autres ont trouvé refuge dans les pays voisins.

« La société burundaise est ébranlée et plus de 240.000 personnes sont parties chercher refuge à l’étranger », a rappelé le Secrétaire général, tout en insistant sur les graves incidences socio-économiques de la crise actuelle sur une population déjà vulnérable.

Ban Ki-moon s’est toutefois félicité d’avoir pu évoquer ces problèmes avec M. Nkurunziza en tête-à-tête. Il a également, à cette occasion, renouvelé la volonté de l’ONU d’apporter au Burundi son aide dans le cadre d’un partenariat renforcé, notamment pour faciliter un règlement pacifique du conflit.

« Nous devons cesser d’accorder la priorité à la gestion des crises et nous tourner vers une culture d’action précoce et de diplomatie préventive », a par ailleurs déclaré M. Ban, indiquant que ce sera là son principal message lors du futur Sommet humanitaire mondial, qui aura lieu fin mai à Istanbul, en Turquie.

Le chef de l’ONU a appelé les parties prenantes à la crise burundaise à s’assoir à la table des négociations et à se comporter l’une envers l’autre comme des partenaires, tout comme, a-t-il confié, lors de la réunion qu’il avait lui-même convoqué la veille au soir, à laquelle ont assisté le parti au pouvoir et celui de l’opposition.

« Rien n’empêche de continuer dans cette voie », a déclaré M. Ban, insistant sur l’esprit de dialogue dans lequel s’est déroulée cette réunion.

Le Secrétaire général a par ailleurs salué la décision de M. Nkurunziza, prise au cours de leur entretien dans la matinée, de mettre fin à la censure de certains média ainsi qu’aux mandats d’arrêt, et de relâcher 1.200 personnes actuellement en détention.

« C’est un pas dans la bonne direction », a déclaré le chef de l’ONU, tout en soulignant la nécessité de prendre des mesures supplémentaires.

Ban Ki-moon a en outre indiqué que son Conseiller spécial pour le Burundi, Jamal Benomar, a déployé son équipe dans le pays et travaille avec le gouvernement afin d’instaurer un climat de dialogue inclusif.

« Il faudra toute la détermination collective de tous les Burundais et de leurs partenaires régionaux et internationaux pour remettre le pays sur la voie de la paix, du développement et de la réconciliation », a déclaré le Secrétaire général.

(Extrait sonore : Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies, conférence de presse, Bujumbura, 23 février 2016)

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20/10/2017
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