Yémen : l'ONU condamne l'intensification des combats et l'expulsion du représentant des droits de l'homme

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La ville de Sa'ada au Yémen a été gravement endommagée par des frappes aériennes. Photo: OCHA/Philippe Kropf

Le Secrétaire général, Ban Ki-moon, a condamné vendredi l'intensification des bombardements menés par la coalition, ainsi que les combats au sol, particulièrement dans des quartiers résidentiels de la capitale Sana'a. Il est particulièrement préoccupé par des allégations rapportées d'usage de bombes à fragmentation, lors d'attaques le 6 janvier dans la capitale. L'usage de ce type d'explosifs dans des zones à forte densité peut être considéré comme crime de guerre, étant donné un ciblage sans discrimination.

De son côté, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a exhorté  le gouvernement du Yémen à revenir sur sa décision de déclarer son représentant dans le pays persona non grata. Selon lui la décision est indéfendable, contre-productive et dommageable pour la réputation du gouvernement et de ses partenaires de la coalition. Jeudi soir, Ban Ki-moon, avait lui-même déploré cette décision du gouvernement yéménite, se disant également très préoccupé par la sécurité du personnel national et international sur place.

Pour Zeid Ra'ad Al Hussein, la décision des autorités yéménites semble basée sur des malentendus, à la fois sur ce que son bureau a déclaré publiquement, et sur le rôle de l’ONU dans une situation de conflit. Jeudi, dans ses déclarations publiques, le Ministre yéménite des droits de l’homme avait notamment affirmé que le bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme n’avait pas prêté suffisamment d’attention à la situation à Taëz, et qu’il diffusait des communiqués de presse incomplets. Dans une déclaration publiée aujourd'hui Zeid Ra'ad Al Hussein a affirmé que son bureau avait fait de son mieux pour rendre compte objectivement de la situation des droits de l’homme au Yémen, et qu'il est très clair que les deux côtés ont commis des violations, qui ont entraîné la mort d'environ 2800 civils au cours des neuf derniers mois. Le Haut-Commissaire a aussi souligné que son bureau avait évoqué la situation à Taëz à plusieurs reprises, y compris cette semaine.

(Mise en perspective Tsigué Shiferaw)

 

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29/09/2016
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