UNICEF/Yemen : la guerre engendre toujours plus de dangers pour 10 millions d’enfants

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Un garçon tient un gros morceau de la coque d’artillerie explosée, qui a atterri près de chez lui dans le village de Al Mahjar, une banlieue de Sanaa, la capitale. © UNICEF/UNI184988/Hamoud

Sans aucune perspective de fin au conflit meurtrier du Yémen, près de 10 millions d'enfants à l'intérieur du pays sont face à une nouvelle année de douleurs et de souffrance. C’est ce qu’a annoncé le Représentant de l’UNICEF au Yémen Julien Harneis

Les bombardements incessants et les combats de rue exposent les enfants et leur famille à une combinaison mortelle de violence, de maladies et de privations.

L'impact direct du conflit sur les enfants est difficile à mesurer. Les statistiques confirmées par les Nations unies (747 enfants tués et 1108 blessés depuis mars 2015 ; 724 enfants enrôlés dans des activités militaires) ne racontent qu'une partie du conflit. Mais elles sont déjà suffisamment choquantes.

Les effets multiples de la violence sur des civils innocents sont encore plus nombreux. Les enfants représentent au moins la moitié des 2,3 millions de personnes déplacées de leur foyer, et au moins la moitié des 19 millions de personnes qui s'efforcent chaque jour de trouver de l'eau potable ; 1,3 million d'enfants de moins de 5 ans sont menacés de malnutrition aiguë et d'infections des voies respiratoires. Et au moins 2 millions d'enfants ne peuvent pas aller à l'école.

Les services publics de santé, d'eau et d'assainissement ont été décimés et ne peuvent pas répondre aux besoins toujours croissants d'une population désespérée. Quelques uns des 7,4 millions d'enfants ayant besoin de protection (notamment d'un appui psychosocial afin de surmonter le fait d'être exposés à la violence) vont pouvoir en bénéficier.

On ne peut qu'imaginer les conséquences à plus long terme sur le Yémen – qui était déjà la nation la plus pauvre du Moyen-Orient bien avant le conflit.

Les agences telles que l'UNICEF font du mieux qu'elles peuvent, dans un environnement de travail extrêmement dangereux. En 2015, plus de 4 millions d'enfants de moins de 5 ans ont été vaccinés contre la rougeole et la polio, et 166 000 enfants ont pu être traités contre la malnutrition. Plus de 3,5 millions de personnes affectées ont pu accéder à de l'eau potable et 63 520 personnes appartenant aux communautés les plus défavorisées des villes de Sanaa et Taïz ont pu recevoir une aide financière en espèces.

Mais tellement plus doit être fait. Les enfants du Yémen ont besoin d'une aide d'urgence dès maintenant.

Cela est possible si toutes les parties au conflit – en vertu des obligations du droit humanitaire international- autorisent un accès libre aux zones affectées par les combats, où les civils meurent car les hôpitaux ne fonctionnent plus, les médicaments manquent et les enfants risquent de mourir de maladies évitables. Les agences humanitaires pourraient dès lors augmenter leurs actions.

La priorité est de mettre un terme au conflit. C'est à cette condition que les enfants du Yémen pourront envisager l'année 2016 avec espoir.

(Extrait sonore: Julien Harneis, Représentant de l’UNICEF au Yemen; propos recueillis par Cristina Silveiro)

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12/12/2017
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