Soudan du Sud : violations généralisées des droits de l’homme par toutes les parties au conflit, selon l’ONU

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Des civils sud-soudanais réfugiés au siège de la MINUSS à Juba. Photo: MINUSS

Des violations généralisées des droits de l’homme ont été commises au Soudan du Sud par toutes les parties au conflit depuis son déclenchement en décembre 2013, y compris des centaines de meurtres extra-judiciaires, disparitions forcées, violences sexuelles, recrutements de force et attaques aveugles contre des civils, selon un nouveau rapport de l’ONU publié jeudi.

Ce rapport, rédigé par la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) et le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH), montre que « très peu d’endroits situés dans les zones du conflit se sont révélés sûrs, car les parties ont attaqué délibérément les sanctuaires traditionnels, tels que les lieux de culte, les hôpitaux et, parfois, les bases des Nations Unies ».

Ces attaques révèlent un mépris choquant de la vie des civils, affirme le rapport, alors qu’un nombre croissant de groupes armés et de communautés s’engagent dans la violence. « A partir du milieu de l’année 2015, une nouvelle tendance est apparue, en particulier dans les zones centrales et méridionales de l’Etat d’Unité, où des villages entiers ont été incendiés, les récoltes vivrières détruites et le bétail pillé. Selon certaines indications, ceci pourrait résulter de stratégies délibérées de la part du gouvernement ou de l’Armée populaire de libération du Soudan (APLS) visant à priver les civils de tout moyen de subsistance et à les forcer à partir », dit le rapport.

Le rapport documente au moins 280 cas de violences sexuelles liées au conflit, y compris des viols collectifs, des cas d’esclavage sexuel et des avortements forcés. Le recrutement de force d’enfants a également connu une forte hausse, avec entre 13.000 et 15.000 enfants soldats recrutés principalement, quoique pas exclusivement, par les forces de l’opposition, à fin décembre 2015.

Un accord de paix a été signé en août 2015 par le Président sud-soudanais, Salva Kiir, et le chef de l’opposition, Riek Machar, faisant suite à un accord de cessation des hostilités signé le 23 janvier 2014 par le gouvernement du Soudan du Sud et le Mouvement/Armée populaire de libération du Soudan (M/APLS), dans l’opposition. Mais la mise en œuvre de cet accord s’est révélée très difficile.

(Propos d'Ariane Quentier, porte-parole de la MINUSS, recueillis par Tsigué Shiferaw)

 

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16/10/2017
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