Pakistan 2016 : année d'espoir sur le plan socio-économique

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Marc-André Franche, Directeur du PNUD au Pakistan. (Photo: ONU)

L'année 2016 est l'occasion pour le Pakistan de passer à l'action en termes de politiques sociales et de renforcement des capacités de l'État à dépenser et livrer les biens, c'est ce qu'a affirmé le Directeur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) pour le pays, Marc-André Franche.

Lors d'un entretien sur les prospectives du Pakistan avec la Radio des Nations Unies, le Directeur du PNUD Pakistan explique en effet qu’au cours des premières années du gouvernement actuel, le pays s'est surtout préoccupé de stabiliser l'économie, de trouver des solutions à la crise énergétique etàa résoudre des querelles politiques.

Selon le PNUD, le Pakistan est un pays très jeune avec des institutions très jeunes, qui commence à montrer des signes prometteurs de maturité du système avec le début d'une stabilisation démocratique. Le gouvernement actuel de Nawaz Sharif est le premier gouvernement à avoir une transition complète d'un gouvernement élu à un autre. Aussi le pays a entamé un processus de décentralisation important, avec pour la première fois la tenue d'élections locales dans toutes les provinces.

Le Pakistan fait cependant face à d'énormes défis, dont trois défis principaux, une crise sécuritaire, une crise énergétique ainsi qu'une crise socio-économique, souligne le Directeur du PNUD.

Sur le plan sécuritaire, la situation est « complexe ». Il existe des groupes d'insurgés de caractère religieux, appelés « Talibans », qui revendiquent d'accorder plus d'importance à la religion et la primauté de la Charia. Des acteurs extrémistes religieux sunnites opèrent également à l'encontre de la population shiite du pays qui constitue environ 30% de la population nationale. Enfin, des groupes violents armés fonctionnent de pairs avec des groupes criminels et politiques surtout dans la ville de Karachi.

Pour le Directeur du PNUD, le rétablissement de la situation sécuritaire n'est pas une condition sine qua non pour le développement du Pakistan. Elle détourne toutefois des fonds qui auraient pu être utilisés pour renforcer la sécurité et détériorent les avancées en matière de développement.

Dans l'ensemble, le Directeur du PNUD attribue le manque d'avancées sur le plan socio-économique au manque flagrant d'investissement et aux questions de gouvernance. Non seulement le Pakistan investie à peine deux pourcent de son budget dans l'éducation mais la gouvernance des secteurs de santé et d'éducation est extrêmement détériorée et les institutions du pays, notamment les instances régionales du gouvernement, se retrouvent incapables de dépenser leurs budgets.

« La plupart des gouvernements provinciaux qui sont chargés de la politique sociale n'arrive pas à dépenser la moitié de leurs budgets donc ce n'est pas seulement une question d'augmenter les investissements mais aussi d'augmenter la capacité des États à livrer la marchandise », affirme Marc-André Franche.

Au Pakistan, les trois priorités pour le PNUD sont l'adaptation au changement climatique, la prévention des crises (tant violentes qu'issues des catastrophes naturelles) , ainsi qu'en matière de gouvernance, avec un appui électoral et au renforcement des institutions d'État de droit.

Enfin, 2016 étant également la première année des Objectifs de développement durable (ODD), le PNUD compte faire un grand travail de partenariat pour que le Pakistan insère les ODD dans ses politiques nationales.

(Interview : Marc-André Franche, Directeur du PNUD pour le Pakistan; propos recueillis par Cristina Silveiro)

 

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20/10/2017
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