OMS/Rage: prévention et éducation pour éviter des milliers de décès dans le monde

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Éducation et prévention contre la rage. Photo/OMS

La rage est une maladie infectieuse d'origine virale qui est presque toujours mortelle une fois que les symptômes cliniques sont apparus et touche plus de 150 pays et territoires. Le virus de la rage est transmis à l'homme en cas de contact proche avec du matériel infectieux, généralement par la salive des animaux infectés lors d'une morsure ou d'une égratignure. Bien que les personnes de tout âge puissent contracter la rage, plus de quarante pour cent sont des enfants.

Bernadette Abela-Ridder, chef à l'OMS pour la rage, explique que « cette maladie tue chaque année des dizaines de milliers personnes dans le monde, principalement en Asie et en Afrique où les systèmes de surveillance sont très faibles ». «La rage est principalement transmise à l'homme lors d'une morsure par un chien infecté. Bien que la plupart des décès des suites de rage sont dus à des morsures de chien, en particulier en Afrique et en Asie, la chauve-souris est à l'origine de la plupart des infections dans les Amériques ».

Quand les symptômes apparaissent, il est souvent trop tard pour sauver la vie. « La maladie se manifeste – continue-t-elle – d'abord par de la fièvre et, souvent, des douleurs ou bien une paresthésie. La rage peut aussi se manifester sous forme d'une hydrophobie et, parfois, une aérophobie ».

La prévention et l'éducation sont les seuls moyens pour combattre la rage. En effet, la plupart des cas de rage surviennent en zone rurale dans des communautés reculées, où il y a un manque de connaissances et les traitements efficaces ne sont pas facilement disponibles ou accessibles. « Il est essentiel d'apprendre aux enfants comment éviter de se faire mordre par les animaux. L'OMS travaille avec les pays pour sensibiliser à cette maladie et donner l'appui technique. De plus, l'OMS collabore avec des partenaires stratégiques pour faciliter l'accès à des vaccins abordables, sûrs et efficaces. C'est un problème qui ne peut pas être résolu seulement du côté de la santé publique, il faut aussi éduquer la société civile » souligne Bernadette Abela-Ridder.

Finalement, le traitement immédiat d'une personne victime de morsure d'un animal suspecté d'avoir le virus est fondamental. « Les premiers soins recommandés sont le nettoyage de la plaie avec de l'eau et du savon et dans les pays endémiques, c'est prudent de visiter le centre de santé le plus proche afin de déterminer la nécessité d'une vaccination ».

Selon les données de l'OMS, chaque année, plus de 15 millions de personnes reçoivent un vaccin antirabique à titre prophylactique. Ce vaccin empêche la maladie de se propager et l'on estime qu'il évite des centaines de milliers de décès dans le monde.

(Interview: Bernadette Abela-Ridder, responsable à l'OMS de la lutte contre la rage; propos recueillis par Erika Grossi)

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28/06/2016
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