“Nous devons garder la tête froide” pour lutter contre le terrorisme, selon Ban Ki-moon

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Le Secrétaire général Ban Ki-moon. (Photo ONU/Mark Garten)

L’extrémisme violent est « une attaque directe contre la Charte des Nations Unies et une grave menace pour la paix et la sécurité internationales », a déclaré vendredi

Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, en présentant un Plan d’action pour prévenir les violences qui découlent « d’idéologies empoisonnées ».

Dans un discours devant l’Assemblée générale des Etats membres, ll a appelé à la formation d’un nouveau partenariat mondial pour faire face à cette menace.

« Nous sommes tous consternés par les crimes barbares que des groupes comme Daech, Boko Haram et d’autres commettent contre l’humanité », a déclaré M. Ban.

« La menace de l’extrémisme violent ne se limite pas à une seule religion, nationalité ou groupe ethnique. Mais nous devons reconnaitre qu’à l’heure actuelle, la grande majorité de ses victimes dans le monde sont des musulmans », a ajouté le Secrétaire général.

« Relever ce défi est au cœur de la mission des Nations Unies. Il exige une réponse unifiée. Et cela nous oblige à agir de manière à résoudre – plutôt que d’amplifier – le problème. Nous sommes tous perdants si nous répondons à la terreur impitoyable avec des politiques irréfléchies – des politiques qui ont pour effet de braquer les gens les uns contre les autres, d’aliéner des groupes déjà marginalisés, et de faire le jeu de l’ennemi », a poursuivi M. Ban

« Nous devons garder la tête froide et éviter d’être mus par la peur ou de tomber dans le piège de ceux qui veulent prospérer en exploitant cette peur », a-t-il souligné.

Son Plan d’action, a-t-il expliqué, se base sur « une approche pratique et globale » qui comprend non seulement des mesures antiterroristes essentielles basées sur la protection de la sécurité mais aussi des mesures préventives systématiques visant à s’attaquer « aux causes profondes de l’extrémisme violent », c’est-à-dire aux conditions qui poussent certains individus à se radicaliser et à rejoindre des groupes extrémistes violents.

Il contient plus de 70 recommandations « pour une action concertée aux niveaux mondial, régional et national », basées sur cinq points liés entre eux : donner la priorité à la prévention; un leadership basé sur les principes et des institutions efficaces; la promotion conjointe de la prévention et des droits humains; une approche « holistique au sein des gouvernements »; et un engagement du système des Nations Unies.

« La communauté internationale a parfaitement le droit de se défendre contre cette menace en utilisant des moyens légaux, mais nous devons faire particulièrement attention aux causes de l’extrémisme violent, a dit M. Ban. « Bien qu’il n’existe pas de chemin unique vers l’extrémisme violent, nous savons tous qu’il se développe lorsque les droits de l’homme sont violés, l’espace politique est restreint, les aspirations d’inclusion sont ignorées, et l’existence de trop de gens – en particulier des jeunes – est privée de perspectives et de sens ».

« Nous connaissons aussi les éléments critiques du succès : la bonne gouvernance, l’état de droit, la participation politique, une éducation de qualité et des emplois décents et enfin le plein respect des droits de l’homme », a poursuivi M. Ban, qui a également appelé à « un effort spécial en direction des jeunes » et à « la protection et à l’autonomisation des femmes ».

« Nous devons également mobiliser toute la société – les dignitaires religieux, les dirigeantes des mouvements féminins, les groupes de jeunesse, les personnalités en vue du monde des arts, de la musique et des sports, ainsi que les médias et le secteur privé », a-t-il dit.

Développé tout au long d’un processus onusien interne et basé sur les résultats de plusieurs réunions de haut niveau de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité, le Plan d’action constitue « un appel urgent à l’unité et à l’action », a souligné M. Ban, selon lequel l’Assemblée générale est « le seul forum ayant la légitimité et l’universalité de traiter ce problème dans toute sa complexité ».

Il a conclu en rappelant qu’une Conférence internationale sur ce Plan d’action aurait lieu à Genève en april, co-organisée par le gouvernement suisse et par l’ONU.

 

(Extrait sonore:  Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies)

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20/10/2017
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