«La Shoah par balles », à la mémoire des victimes de l'Holocauste en Europe de l'Est

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Le Père Desbois à l’inauguration de “La Shoah par balles” aux Nations Unies. (Photo: ONU/Evan Schneider)

Cette année l'exposition « La Shoah par balles » est parmi les évènements de la Semaine commémorative à la mémoire des victimes de l'Holocauste, organisée par l'ONU tous les ans autour du 27 janvier, date de la libération du camp d'Auschwitz-Birkenau.

« La Shoah par balles » a pour objectif d'attirer l'attention sur les plus de 2 millions de personnes — juifs, tsiganes, handicapés mentaux– qui ont été fusillés par les unités Nazi dans les pays de l'ex Union soviétique entre 1941 et 1944.

Ces massacres ont eu lieu dans des villages et dans des fosses communes, et n'ont laissé aucune trace visible.

Depuis 2004, l'organisation Yahad-In Unum a consacré des centaines de jours d'enquête sur le terrain à recueillir les preuves de ces massacres.

Yahad-In Unum organise environ 18 expéditions de 25 personnes par an pour aller recueillir des témoignages et investiguer dans les différents villages.

L'exposition présente notamment les résultats de ces enquêtes et cherche à redonner aux victimes juives leur mémoire et leur dignité. Elle vient également souligner le rôle précurseur du génocide que fut « La Shoah par balles », modèle des crimes de masse modernes

Le père Patrick Desbois, Président d'Yahad-In Unum, était l'invité d'honneur de l'inauguration de cette exposition à l'ONU cette année, l'occasion de lui tendre le micro.

« Personne n'a refait Auschwitz, ni au Rwanda, ni au Cambodge, ni en Bosnie, mais par contre tout le monde maintenant fusille les gens ou les tue par bombe, donc en fait c'est le modèle qui a été accepté et dupliqué », affirme le Père Desbois lors d'un entretien à la Radio des Nations Unies.

« Étudier la 'Shoah par balles' c'est comprendre comment l'État islamique aujourd'hui fusille des gens, comment Bashar el-Assad aujourd'hui fusille des gens…», déclare-t-il.

« Les victimes on dit 'plus jamais' et les assassins ont dit 'plus jamais Auschwitz', car ils ont peur des photographes ils ont peur des satellites donc tout le monde aujourd'hui est tué par ce moyen-là, on est revenu à l'archaïsme, » explique Patrick Desbois.

L'exposition est organisée par Yahad-In Unum et la Mission permanente de la France auprès de l'Organisation des Nations Unies.

(Interview : Père Patrick Desbois, président de Yahad-In Unum; propos recueillis par Cristina Silveiro)

 

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18/10/2017
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