Guantanamo : des experts onusiens exhortent les États-Unis à fermer le centre de détention

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Une cellule de détention à Guantanamo. (Photo: Emma Reverter)

Un groupe d’experts des droits de l’homme de l’Organisation des Nations Unies et l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a demandé lundi aux gouvernement des États-Unis de fermer rapidement sur le centre de détention de Guantanamo Bay, sur l’ile de Cuba,  et de mettre fin à l’impunité pour les droits de l’homme et les violations du droit humanitaire commises dans la soi-disant «guerre mondiale contre le terrorisme”.

“Les Etats-Unis doivent balayer devant chez eux – l'impunité ne fait que générer plus de violations car les États ne se sentent pas obligés d’arrêter de se livrer à des pratiques illégales,” ont affirmé les experts dans une lettre ouverte publié le 11 janvier 2016, 14 ans après le centre de détention soit devenu opérationnel.

Les con-signataires de la lettre ouverte sont le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, Juan Méndez; le rapporteur spécial sur les droits de l’homme et lutte contre le terrorisme, Ben Emmerson; la rapporteuse spéciale sur l’indépendance des juges et des avocats, Monica Pinto; le Président du Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire, Hong Seong-Phil; et le Directeur du Bureau de l’OSCE pour les institutions démocratiques et les droits de l’homme, Michael Georg Link.

Les rapporteurs maintiennent que la sécurité à long terme peut être reprise si une page est tournée sur ce chapitre sombre de la réponse au terrorisme suite aux attaques du 11 septembre.

“Tout le monde concerné, y compris au plus haut niveau de l’autorité, doit être tenu responsable d'avoir commandé ou exécuté les restitutions extraordinaires, les détentions secrètes, les arrestations arbitraires de civils et les soi-disantes « techniques d’interrogatoire renforcées »au nom de la lutte contre le terrorisme,» ont précisé les experts.

Les experts rappellent que près d’une centaine détenus se trouvent toujours à Guantanamo, après des années de détention arbitraire, sans jugement, en dehors de la règle de droit et la portée des tribunaux américains réguliers, malgré un ordre exécutif promulguée par le président Barack Obama en Janvier 2009 pour les libérer ou les transférer et fermer le centre dans un an.

Selon eux, ces prisonniers « sont les grands oubliés alors que les États-Unis se mutent d’une« guerre contre le terrorisme »à une« guerre contre l’extrémisme », sans avoir reconnu, réfléchie et amendé honorablement les violations passées des droits humains fondamentaux.

Dans leur lettre ouverte, les experts ont appelé à la fin immédiate de la détention arbitraire prolongée de tous les détenus de Guantanamo Bay, en les libérant dans leur pays d’origine ou vers un pays tiers s'ils sont à risque de persécution, ou en transferant dans un centre de détention régulier sur le territoire continental des États-Unis afin qu’ils puissent être poursuivis devant les tribunaux ordinaires.

“Le gouvernement américain doit veiller à ce que les détenus de Guantanamo, tant actuels et qu'anciens, ainsi que les personnes qui ont été détenues secrètement aient accès à la pleine réparation pour les violations de leur liberté contre la détention arbitraire, la torture et les mauvais traitements,” ont souligné les experts des droits humains des Nations unies et de l’OSCE.

(Interview:  Monica Pinto, Rapporteuse spéciale sur l’indépendance des juges et des avocats; propos recueillis par Cristina Silveiro)

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17/10/2017
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