A Madaya 6 habitants sur 10 souffriraient de malnutrition sévère, selon l’UNICEF

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La Représentante de l’UNICEF en Syrie écoute la population de Madaya. (Photo:UNICEF)

« Un petit bout de pain, un petit bout de pain, s'il vous plait! », c'est le cri d'accueil qu'ont entendu les humanitaires en effectuant leur deuxième livraison d'aide humanitaire en deux jours dans les communautés assiégées de Madaya, Fua’a et Kefraya, en Syrie, ce jeudi.

Ce deuxième convoi, composé cette fois de 18 camions, transportait de la farine de blé, des aliments thérapeutiques, du matériel d'éducation et des kits d'hygiène pour venir en aide à environ 10.000 enfants et femmes enceintes, ainsi que des vêtements chauds pour les enfants, a confirmé le Fonds des Nations Unies pour les enfants (UNICEF).

Selon l'UNICEF, les habitants étaient un peu plus calmes parce qu'ils ont pu bénéficier de deux repas depuis que la première livraison d'aide a été effectuée, mardi. Ils ont toutefois exprimé leur peur d'épuiser les aliments livrés dans l'espace de deux semaines et de se retrouver à nouveau en situation de manque.

Suite à une évaluation rapide, l'UNICEF affirme que 6 sur 10 habitants manifestent des symptômes de malnutrition sévère. Le Fonds espère établir un site thérapeutique dès que possible.

« Les écoles sont toutes fermées maintenant parce que les enfants et les enseignants sont trop faibles pour s'y rendre », a expliqué la Représentante d'UNICEF pour la Syrie, Hanna Singer, lors d'une interview à la Radio des Nations Unies depuis Madaya.

Seulement deux médecins, qui ont eux même perdu des dizaines de kil au cours des deux dernier mois, desservent la ville de Madaya qui compte 40.000 habitants. Les services sanitaires s'écroulent et les jeunes enfants n'ont pas été vaccinés contre la polio, la rougeole et d’autres maladies depuis près de dix mois.

L'UNICEF et l'OMS soulignent que Madaya est loin d’être un cas unique. À travers la Syrie, des zones civiles sont en état de siège par différentes parties au conflit dans15 localités différentes. Environ 400.000 personnes se trouvent emprisonnées à l’intérieur décès zones, parfois depuis des années. Elles ont un accès très fortement réduit à la nourriture, à l’eau potable, aux services de santé et d’autres services de base, entrainant la perte de vie notamment parmi les enfants et les personnes âgées.

Ailleurs dans le pays, plus de quatre millions de personnes vivent dans des zones difficiles à atteindre et compte seulement sur un accès sporadique à des fournitures humanitaires.

Les sièges et le refus de l’accès des humanitaire aux civils continuent d’être utilisés comme tactiques de guerre en violation du droit international humanitaire, dénoncent les agences onusiennes.

L'UNICEF et l'OMS avertissent qu'à moins qu’une aide humanitaire soit acheminée rapidement et sur une base régulière à toutes les zones assiégées et difficiles d'accès de la Syrie, les niveaux de malnutrition vont continuer à augmenter et plus de vies seront perdues.

(Interview : Hanna Singer, Représentante de l'UNICEF en Syrie; propos recueillis par Cristina Silveiro)

 

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14/12/2017
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