Le Conseil de sécurité charge l'ONU de réunir dès janvier des pourparlers inter-syriens en vue d'une transition politique

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Vue d'ensemble de la réunion du Groupe international d'appui pour la Syrie (ISSG) à New York. Photo ONU/Cia Pak

Le Conseil de sécurité des Nations Unies, réuni vendredi au niveau ministériel, a prié le Secrétaire général, Ban Ki-moon, de réunir dès le mois prochain les représentants du gouvernement syrien et de l’opposition pour qu’ils engagent des négociations en vue d’une transition politique, accompagnées d’un cessez-le-feu.

Dans une résolution adoptée à l’unanimité de ses 15 membres, le Conseil « prie le Secrétaire général de réunir, en usant de ses bons offices ou de ceux de son Envoyé spécial pour la Syrie, les représentants du Gouvernement syrien et de l’opposition pour qu’ils engagent d’urgence des négociations officielles sur un processus de transition politique, en visant le début du mois de janvier 2016 pour le début des pourparlers ».

Ceci est « conforme au Communiqué de Genève et (…) à la Déclaration du Groupe international d’appui pour la Syrie (GIAS) du 14 novembre 2015, en vue d’un règlement politique durable de la crise », précise-t-il.

Il s’agit de “la première résolution du Conseil qui mette l’accent sur la recherche d’une voie politique pour sortir de la crise syrienne”, s’est félicité M. Ban.

Le Conseil « confirme le rôle qui revient au GIAS, principal mécanisme de facilitation des initiatives de l’ONU visant à parvenir à un règlement politique durable en Syrie ».

Il « appuie, à cet égard, un processus politique dirigé par les Syriens et facilité par l’ONU, qui mette en place, dans les six mois, une gouvernance crédible, inclusive et non sectaire, et arrête un calendrier et des modalités pour l’élaboration d’une nouvelle constitution, et se dit favorable à la tenue, dans les 18 mois, d’élections libres et régulières, conformément à la nouvelle constitution, qui seraient conduites sous la supervision de I’ONU ».

Le Conseil se dit « conscient du lien étroit existant entre un cessez-le-feu et un processus politique mené en parallèle, conformément au Communiqué de Genève de 2012, et considère que les deux initiatives doivent avancer rapidement ».

Dans une déclaration à l’ouverture de la séance, qui était présidée par le Secrétaire d’Etat américain, John Kerry, M. Ban s’est dit prêt à relancer les pourparlers de paix inter-syriens sous l’égide des Nations Unies.

« Alors que les délégations du gouvernement et de l’opposition se préparent, les Nations Unies sont prêtes à relancer les discussions inter-syriennes sous l’égide de mon Envoyé spécial, Staffan de Mistura », a-t-il dit.

Il a précisé que dans la matinée, il avait instamment prié le Groupe international d’appui pour la Syrie (ISSG) d’exercer les pressions nécessaires sur les parties syriennes pour qu’elles mettent immédiatement en œuvre quatre mesures de rétablissement de la confiance.

Ces mesures consisteraient à mettre fin au recours contre les civils à des armes qui tuent sans discernement, notamment aux barils explosifs ; à autoriser un accès sans condition et sans entrave aux convois d’aide humanitaire ; à cesser les attaques contre les installations médicales et scolaires et à libérer toutes les personnes détenues.

« Près de deux ans ont passé depuis la conférence Genève II, le peuple syrien a assez souffert », a souligné M. Ban.

« Je vous appelle à faire preuve de vision et de sens du leadership en surmontant vos divergences. Une occasion de paix se présente ; il est de votre devoir de la saisir », a-t-il lancé aux Etats membres du Conseil.

L’ISSG se compose de la Ligue arabe, de l’Union européenne, des Nations Unies et de 17 pays et tente de mettre fin au conflit en Syrie qui dure depuis cinq ans. Il s’est réuni vendredi matin à New York avant la reunion prevue du Conseil de sécurité.

Après une précédente réunion du Groupe le 14 décembre à Vienne, les participants avaient exprimé unanimement le souhait de mettre fin d’urgence aux souffrances du peuple syrien, à la destruction physique de la Syrie, à la déstabilisation de la région, et à l’accroissement consécutif du nombre de terroristes attirés par les combats en Syrie.

Dans une déclaration, le Groupe avait « reconnu la nécessité d’un lien étroit entre un cessez-le-feu et un processus politique parallèle tenant compte du Communiqué de Genève de 2012, et que les deux initiatives devraient aller de l’avant sans tarder ». La déclaration soulignait aussi que les membres du Groupe avaient exprimé leur engagement à assurer une transition politique qui serait contrôlée et assumée par les Syriens eux-mêmes.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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20/10/2017
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