Soudan du Sud : le processus de paix est à un point critique, selon l’ONU

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Hervé Ladsous, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, lors d’une réunion du Conseil de sécurité. Photo: ONU/Paulo Filgueiras

Le processus de paix au Soudan du Sud est « arrivé à un point critique » et a besoin du soutien de tous, notamment des responsables des deux camps, pour être un succès, a déclaré mercredi le Secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, au Conseil de sécurité.

 

« Il est temps que le Conseil et les partenaires internationaux de l’IGAD (Autorité intergouvernementale pour le développement) investissent politiquement pour faire décoller la transition, faute de quoi les progrès accomplis risquent d’être vains », a-t-il déclaré. « Nous devons travailler collectivement pour accroître l’engagement des parties en faveur de la mise en œuvre de leur accord et soutenir activement les institutions qu’il a générées pour mettre fin à ce conflit insensé », a-t-il ajouté.

 

L’accord de paix du 17 août 2015 a été signé par le Président sud-soudanais, Salva Kiir et le chef de l’opposition, Riek Machar, faisant suite à un accord de cessation des hostilités signé le 23 janvier 2014 par le gouvernement du Soudan du Sud et le Mouvement/Armée populaire de libération du Soudan (M/APLS), dans l’opposition.

 

« Comme c’était prévisible, la mise en oeuvre de l’Accord de paix progresse lentement et se heurte à de graves difficultés », a déploré M. Ladsous, précisant que le cessez-le-feu avait été « violé à plusieurs reprises par les deux parties dans de nombreuses régions du pays ».

 

« La plus grande contribution que les parties peuvent apporter à la mise en œuvre de l’Accord et au bien-être de leurs populations demeure une cessation totale des hostilités », a-t-il ajouté. « Or, ce que l’on voit sur le terrain, c’est la continuation des combats afin d’essayer d’améliorer la situation des forces en présence ou de récupérer des positions perdues avant le début de la transition », a-t-il dit. « Malheureusement, une tendance similaire est également apparue sur le front politique ».

 

A ce point du processus de paix, a insisté M. Ladsous, « toute initiative politique unilatérale serait contreproductive ». « Notre message, a-t-il dit, est clair et sans équivoque : nous avons besoin de l’Accord, de tout l’Accord et rien que de l’Accord et c’est urgent ».

 

Rappelant que dans ce contexte, le Secrétaire général, Ban Ki-moon, a proposé certains ajustements au mandat de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS), M. Ladsous a indiqué qu’un accroissement de 500 militaires et de 600 personnels de police permettrait d’assurer le soutien requis de la part du Mécanisme de surveillance du cessez-le-feu et des arrangements provisoires de sécurité (CTSAMM) et d’améliorer la protection des civils.

 

 

Il a cependant souligné qu’une telle protection exigeait « la coopération du gouvernement ». « Les violations régulières de l’Accord sur le statut des forces, en particulier les restrictions imposées à la liberté de mouvement de la MINUSS, doivent cesser », a-t-il dit.

 

« Alors que la Mission s’achemine vers l’apport d’un soutien plus robuste aux autorités nationales dans la mise en œuvre de l’Accord de paix, il sera essentiel que le gouvernement provisoire d’unité nationale se révèle un partenaire de bonne volonté. Il devra prendre la décision stratégique de soutenir et de faciliter, plutôt que de simplement tolérer, le travail de la MINUSS », a-t-il ajouté.

 

« Aucun contingent de troupes ou de policiers ne peut remplacer la volonté politique requise de la part des dirigeants du Soudan du Sud pour mettre fin à leur conflit », a conclu M. Ladsous.

 

Suite à l’indépendance de la plus jeune des nations du monde en juillet 2011, le pays a sombré dans la guerre civile en décembre 2013, en raison de la rivalité politique entre M. Kiir et M. Machar, son ancien Vice-président, rivalité qui a ensuite dégénéré en conflit entre leurs factions respectives.

 

Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), plus de 730.000 personnes ont fui la guerre civile vers les Etats voisins du Soudan du Sud, qui compte également près de 1,5 million de personnes déplacées.

(Extrait sonore : Hervé Ladsous, Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix)

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12/12/2017
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