République centrafricaine: Une experte de l'ONU lance un appel pour des élections apaisées, libres et régulières

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Marie-Thérèse Keita Bocoum, Experte indépendante sur la situation des droits de l'homme en RCA (Photo: MINUSCA/ J.P. Ramazani).

L'Experte indépendante sur la situation des droits de l'homme en République centrafricaine (RCA), Marie-Thérèse Keita Bocoum, a félicité aujourd'hui les quelque deux millions de Centrafricains qui se sont inscrits pour les élections présidentielles et législatives prévues le 27 décembre prochain, et les a encouragés à participer à ce vote important.

« En ce début de campagne électorale, j'aimerais rappeler l'importance de ces élections pour l'avenir de la Centrafrique. Ces élections devraient constituer une étape majeure pour le pays, afin de tourner définitivement le dos à la violence et à la haine et de faire place à la réconciliation et à la reconstruction », a affirmé Mme Keita Bocoum. L'experte exprime sa profonde préoccupation suite à l'attaque contre l'un des candidats à l'élection présidentielle, le 17 décembre, et appelle à une action rapide afin de punir les auteurs de cette agression.

« Le respect des droits de l'homme lors du prochain processus électoral est un élément central pour garantir que le suffrage soit libre, régulier et sécurisé, et qu'il traduise la véritable expression de la volonté politique du peuple centrafricain », a-t-elle indiqué.

L'experte reste très préoccupée par les cas de violences sexuelles liées au conflit. Le 26 novembre, des combattants armés du Front Populaire pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC) auraient ont violé collectivement une jeune femme dans le 5ème arrondissement de Bangui après avoir tué son mari. « Ces violences sont inhumaines et je les condamne fermement. J'appelle les autorités, avec l'aide la MINUSCA, à lutter efficacement afin de mettre fin à ces violences sexuelles utilisées comme arme de guerre et à prendre des mesure urgentes afin de protéger les victimes et les populations encore sous contrôle des groupes armés », a ajouté Mme Keita Bocoum.

L'experte a aussi exprimé sa profonde préoccupation face à l'usage de la violence par des groupes armés qui ont tenté d'empêcher les citoyens d'exercer librement et en sécurité leur droit de vote lors du référendum constitutionnel les 13 et 14 décembre 2015. « Le temps des armes est dépassé. Les Centrafricains veulent voter librement et élire leurs représentants de façon démocratique. Ils ne souhaitent pas être représentés par des personnes qui privilégient les armes, tuent, blessent, violent et pillent impunément, » a-t-elle déclaré.

« Je demande aux autorités nationales centrafricaines et à la MINUSCA de prendre des actions rapides contre les fauteurs de troubles et les criminels, afin de les empêcher de nuire, et de les juger sans délai », a ajouté Mme Keita Bocoum.

« Les responsables politiques doivent respecter le code de bonne conduite des partis politiques et candidats aux élections qu'ils ont signé récemment. Cela implique notamment qu'ils évitent les provocations et les discours incitant directement ou indirectement à la violence, à la haine et à la discrimination. Les responsables politiques doivent rester extrêmement vigilants afin de ne pas créer ou attiser des tensions dans un contexte sensible où les communautés restent fortement divisées », a-t-elle souligné.

« Ces élections sont essentielles afin de donner des chances au nouveau gouvernement qui sera démocratiquement élu de construire la paix, la cohésion sociale et l'avenir de la Centrafrique, en y associant pleinement les femmes et les jeunes », a enfin affirmé l'experte indépendante.

(Extrait sonore : Marie-Thérèse Keita-Bocoum, Experte indépendante sur la situation des droits de l'homme en République centrafricaine; propos recueillis par Jérôme Longué)

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20/10/2017
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