Mali/HCR: les enjeux fondamentaux de l'apatridie

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Le drame occulté des apatrides : ils seraient 750 000 en Afrique de l’Ouest (Photo : S.Boness/HCR)

Sur les ondes de Mikado FM, la radio de la MINUSMA, la Mission des Nations Unies déployée au Mali, Guy Raffin, chargé de la protection des personnes au Bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) à Bamako, revient sur les enjeux considérables de la lutte et de l'élimination de l'apatridie. Il réagit à l'occasion de l'adoption d'une loi nationale sur la question par les autorités maliennes.

Guy Raffin souligne que pour bénéficier d'une meilleure protection, il faut avoir la nationalité d'un pays. Dans le cas des réfugiés, lorsque cette protection nationale n'existe pas, alors intervient la protection internationale. Or, cette possibilité d'avoir des recours et d'être protégé reste méconnue dans le monde entier, notamment en Afrique.

Dans le cas du Mali, Guy Raffin rappelle que, selon les autorités du Mali, près de 3,5 millions de Maliens vivent à l'extérieur du pays, principalement en Afrique dont 2,5 millions en Côte d'Ivoire et 200 000 en Europe.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) indique que l'apatridie dépend souvent de la défaillance des services publics de l'état-civil pour enregistrer les naissances et de législations nationales restrictives dont l'interprétation favorise les cas d'exclusion.

Selon le HCR, un enfant né apatride toutes les dix minutes, et nombre d’entre eux à cause de lois qui empêchent les mères de transmettre leur nationalité à leur enfant.

La réforme des lois sur la nationalité est un élément essentiel de la campagne #J’Existe lancée par le HCR pour mettre fin à l’apatridie d'ici à 2024. Quand une femme ne peut pas transmettre sa nationalité à ses enfants, l’effet peut en effet être paralysant. Sans nationalité, les mères et les enfants sont souvent privés d’éducation et de soins médicaux. Ils sont aussi d'autant plus vulnérables à l’exploitation, au mariage précoce, et à la violence, voire même à la traite d’êtres humains.

(Interview : Guy Raffin, chargé de la protection des personnes au bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies au Mali; propos recueillis par Maimouna Doumbia, Mikado FM, Bamako)

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14/12/2017
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