L'ONU appelle à une action mondiale plus concertée pour promouvoir les droits de l'homme et prévenir les violations

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Photo : ONU

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a appelé de ses vœux jeudi une action mondiale plus concertée pour promouvoir les droits humains, et ce au moment où le monde est le théâtre « d’atrocités à grande échelle et de violences généralisées ».

Dans un message à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’homme, M. Ban a déclaré que cette Journée « devrait mobiliser une action mondiale plus concertée pour promouvoir les principes intemporels que nous nous sommes collectivement engagés à défendre ».

Alors que l’ONU marque son soixante-dixième anniversaire, l’histoire du mouvement moderne des droits de l’homme né de la seconde guerre mondiale peut être une source d’inspiration, a-t-il ajouté.

Le Président des États-Unis Franklin D. Roosevelt a défini à cette époque quatre libertés essentielles qui sont autant de droits intangibles de tout être humain : la liberté d’expression, la liberté de religion, la liberté de vivre à l’abri du besoin et la liberté de vivre à l’abri de la peur. Son épouse Eleanor Roosevelt a rejoint à l’ONU les militants des droits de l’homme du monde entier pour inscrire ces libertés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, a rappelé le Secrétaire général.

Les extraordinaires défis d’aujourd’hui peuvent être vus – et relevés – à travers le prisme des quatre libertés, a-t-il poursuivi.

« Première liberté, la liberté d’expression, déniée à des millions d’individus et de plus en plus menacée. Nous devons défendre, préserver et étendre les pratiques démocratiques et l’espace de la société civile. C’est là un élément essentiel de la stabilité durable ».

« Deuxième liberté, la liberté de religion. Aux quatre coins du monde, des terroristes ont dévoyé la religion et en ont trahi l’esprit en tuant en son nom. D’autres s’en prennent à des minorités religieuses et exploitent les peurs à des fins politiques. Nous devons riposter en promouvant le respect de la diversité fondé sur l’égalité intrinsèque de tous les individus et sur le droit à la liberté de religion ».

« Troisième liberté, celle de vivre à l’abri du besoin, qui manque encore si cruellement à l’humanité. En septembre, les grands de ce monde ont adopté le programme de développement durable à l’horizon 2030 dans le but de mettre fin à la pauvreté et de permettre à chacun de vivre dans la dignité sur une planète pacifique et en bonne santé. Nous devons maintenant faire tout notre possible pour que cette aspiration devienne réalité ».

« Quatrième liberté, celle de vivre à l’abri de la peur. Les millions de réfugiés et de déplacés sont le produit tragique de l’incapacité de garantir cette liberté. Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, autant d’individus n’ont été jetés sur les routes. Ils fuient la guerre, la violence et l’injustice en traversant les continents et les océans, souvent au péril de leur vie. Nous ne devons pas fermer nos portes mais au contraire les ouvrir et garantir à tous le droit de demander l’asile, sans discrimination. Les migrants qui cherchent à échapper à la pauvreté et au désespoir devraient eux aussi jouir de leurs droits humains fondamentaux ».

« Nous réaffirmons aujourd’hui notre détermination à protéger les droits de l’homme en mettant la protection au cœur de notre action. Tel est l’esprit de l’initiative ‘Les droits de l’homme avant tout’ , qui vise à prévenir et combattre les violations à grande échelle », a conclu M. Ban.

Le Vice-Secrétaire général, Jan Eliasson, a lui aussi déploré l’étendue et la gravité des souffrances humaines causées par les multiples crises d’aujourd’hui, les qualifiant « d’intolérables ».

Dans une déclaration lors d’une table ronde sur l’initiative ‘Les droits de l’homme avant tout’ au siège de l’ONU à New York, M. Eliasson a insisté sur la nécessité que le système des Nations Unies mette davantage l’accent sur la prévention, conformément à cette. Celle-ci, a-t-il dit, « devrait s’appliquer à tous les pays et dans tous les contextes ». Elle « met l’accent sur la prévention, bien avant que les premières violations graves n’aient lieu. Si la situation se détériore, elle fournit des directives et des normes pour une action de l’ONU, basée sur la transparence et le dialogue », a-t-il rappelé.

Enfin, le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Mogens Lykketoft, a lui aussi souligné, lors de la même réunion, « la centralité d’une alerte précoce dans les efforts pour prévenir les graves violations des droits de l’homme et pour faire en sorte que, lorsque de telles violations se produisent, elles ne dégénèrent pas en atrocités de masse ».

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

 

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20/10/2017
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