Le Conseil de sécurité demande aux Etats de renforcer leur lutte contre la traite d'êtres humains dans les zones de conflit

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Une femme yazidie raconte à l'Envoyée spéciale du HCR Angelina Jolie le cauchemar qu'elle a vécu quand elle a été enlevée dans le nord de l'Iraq. Photo HCR/A. McConnell

Le Conseil de sécurité a adopté mercredi une déclaration dans laquelle il demande aux Etats membres de l’ONU de renforcer leur lutte contre la traite d’êtres humains dans les zones de conflit, déplorant notamment les actes de traite des personnes auxquels se livre Daech à l’encontre des Yézidis.

Dans cette déclaration, les membres du Conseil déplorent également « tous les actes de traite d’êtres humains et toutes les violations et atteintes auxquelles se livrent l’Armée de résistance du Seigneur et d’autres groupes terroristes ou armés, dont Boko Haram, à des fins d’esclavage sexuel, d’exploitation sexuelle et de travail forcé pouvant contribuer à leur financement et à leur subsistance ».

Ils soulignent que certains actes liés à la traite d’êtres humains en temps de conflit armé peuvent constituer des crimes de guerre.

Le Conseil de sécurité demande aux États membres « de renforcer leur engagement politique et de mieux s’acquitter des obligations qui leur incombent d’incriminer, de prévenir et de combattre de toute autre manière la traite d’êtres humains ».

Il leur demande aussi « de redoubler d’efforts pour détecter et désorganiser la traite, notamment en mettant en place des mécanismes solides d’identification des victimes et en donnant aux victimes identifiées accès à des services de protection et d’aide, en particulier en temps de conflit ».

Le Conseil souligne à cet égard l’importance de la coopération internationale des forces de l’ordre, notamment en ce qui concerne les enquêtes et les poursuites relatives aux cas de traite, et demande à l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) de continuer d’apporter son appui en fournissant une assistance technique à la demande.

Le Conseil demande aux États Membres d’envisager de ratifier la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée et le Protocole additionnel visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants, ou d’y adhérer. Il demande également aux États parties à la Convention et au Protocole de redoubler d’efforts pour les appliquer efficacement.

Le Conseil de sécurité note les effets particuliers que la traite d’êtres humains en situation de conflit armé a sur les femmes et les enfants, les rendant notamment plus vulnérables encore à la violence sexuelle et sexiste.

Lors de la réunion du Conseil, le Vice-Secrétaire général de l’ONU, Jan Eliasson a souligné que la traite des êtres humains était « l’esclavage des temps modernes ».

« La plupart des personnes victimes de la traite sont des femmes et des enfants vulnérables », a-t-il noté dans un discours. « Cette pratique impitoyable est devenue une industrie globale et doit être stoppée ».

M. Eliasson a exhorté tous les Etats à adhérer aux traités internationaux contre la traite des personnes, le trafic illicite de migrants, la corruption et l’esclavage, ainsi qu’aux traités qui protègent les droits humains, en particulier les droits des femmes et des enfants.

Selon lui, il faut également mettre en œuvre de manière plus robuste le Programme d’action et le Protocole international pour prévenir, supprimer et punir la traite des personnes, en particulier dans les zones de conflit.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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23/10/2017
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