La « Grande muraille verte »: une ceinture pour faire face à la désertification en Afrique

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La Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques COP21 s'est ouverte officiellement lundi au Bourget, près de Paris. En ce mardi, deuxième jour des travaux, de nombreux chefs d'État et de gouvernement se sont réunis pour discuter du phénomène de la désertification en Afrique et de l'accès aux énergies vertes sur le continent. Cela a permis aussi de faire le point sur les initiatives prises par les pays africains afin de lutter contre les effets du réchauffement climatique qui frappe le Sahel et ses conséquences sur la population locale.

Au micro de notre envoyée spéciale, Cristina Silveiro, Elvis Paul Nfor Tangem, de la Commission de l'Union africaine, revient sur le projet de la « Grande muraille verte », une ceinture végétale multi-espèces qui traversera le continent africain de Dakar à Djibouti, soit plus de 7 000 km de long sur 15 km de large. Pour les décideurs de la communauté sahélo-saharienne, le but est de faire face aux multiples défis environnementaux auxquels les pays de la zone sont confrontés.

Selon Elvis Paul Nfor Tangem, les conséquences de la désertification et de la dégradation du sol vont au-delà de la protection du lac Tchad et du manque d'eau, en effet, « il y a une relation entre ce phénomène, la sécurité dans cette région fortement touchée par les attaques de Boko Haram et l'immigration ». «La Grande muraille verte – continue-t-il – est un programme crée un 2005 par la Commission de l'Union Africaine pour répondre aux sècheresses (…) et il intéresse la transformation économique, écologique et sociale des zone sahélo-sahariennes ». Le projet montre que l'atténuation des émissions de gaz et l'adaptation sont étroitement liées et vise notamment à rendre les populations résilientes dans la gestion des ressources naturelles et à leur permettre d'enrichir le sol, de conserver l'eau et de mieux vivre en évitant les conflits et le manque des nécessités de base. Le projet a déjà démontré – conclue-t-il – surtout au Nigeria et au Sénégal, que l'agriculture adaptative au changement climatique a permis la récupération des sols fortement dégradés.

L'Afrique est le continent qui contribue le moins aux émissions de gaz à effet de serre mondiales, mais il subit durement les effets du changement climatique. Le plan stratégique régional de la « Grande muraille verte » prévoit, plus particulièrement, la valorisation du bassin du fleuve Niger, la préservation du Lac Tchad et l'accès à l'électricité sur le continent à travers les énergies renouvelables. Selon les chefs d'État et de gouvernement, tout cela aboutira au rétablissement de la sécurité dans cette région.

(Interview : Elvis Paul Nfor Tanguem, chargé à la Commission de l'Union africaine du projet de la « Grande muraille verte »; propos recueillis par Cristina Silveiro)

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19/10/2017
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