Ebola : la Guinée célèbre la fin de deux ans d'épidémie

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Vie quotidienne à Conakry, en Guinée. Photo Banque mondiale/Dominic Chavez

La Guinée revient de loin.  Deux ans après le déclenchement de l’épidémie, Conakry est officiellement débarrassé d’Ebola. C'est dans ce pays que le virus est apparu en fin 2013 avec la mort d’un bébé d’un an, avant de se propager vers le Libéria et de la Sierra Leone. La Guinée, berceau de la fièvre hémorragique en décembre 2013, peut donc célébrer la fin d'une épidémie qui a tué plus de 2.500 personnes sur son territoire. Et c'est la première fois depuis le début de l'épidémie en Afrique de l'Ouest que le Libéria, la Sierra Leone et la Guinée sont déclarés ensemble exempts de la transmission du virus Ebola.

Le dernier patient connu, une fille prénommée Noubia, comme l’infirmière qui a aidé sa mère, décédée du virus, à accoucher au centre de traitement d’Ebola de Médecins sans frontières (MSF) à Conakry, a été déclarée guérie le 16 novembre. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), un pays est officiellement exempt de transmission d’Ebola au bout de deux périodes de 21 jours – la durée maximale d’incubation du virus – sans nouveau cas depuis le second test négatif sur un patient guéri. Mais le risque persiste au-delà de ces 42 jours, en raison de la subsistance du virus dans certains liquides corporels, en particulier le sperme, où il peut survivre jusqu’à neuf mois.

Mais pour en arriver là, depuis la mort du petit Emile Ouamouno, un an, à Meliandou (sud-ouest), la route s’est révélée particulièrement pénible. Il a fallu pour les organisations humanitaires faire face à des « réticences » ou des traditions qui poussaient les malades à se cacher et les familles à continuer des pratiques funéraires traditionnelles, malgré les risques de contagion. Masquant ainsi la persistance de chaînes de transmission insoupçonnées. Il a fallu donc passer du déni à la peur puis à l'action.

Finalement, cette épidémie d’Ebola, la plus grave depuis l’identification du virus en Afrique centrale en 1976, a fait plus de 11.300 morts sur quelque 29.000 cas recensés. Les victimes se concentrent à 99% dans trois pays limitrophes: la Guinée, le Liberia, où la fin de l’épidémie a été proclamée en mai et en septembre, avant des résurgences du virus, et la Sierra Leone, déclarée le 7 novembre exempte de transmission.

Pour fêter la fin de la transmission du virus en Guinée, Conakry et les autres localités guinéennes entendent entonner la chanson « Au revoir Ebola ». Au programme des festivités prévues demain mercredi 30 décembre, des survivants témoigneront de leur expérience et un hommage sera rendu aux 115 soignants emportés par Ebola, ainsi qu’aux huit membres d’une équipe de sensibilisation assassinés en septembre 2014 à Womey (sud-est) dans le Sud forestier, épicentre originel de l’épidémie. Selon le programme officiel des autorités de Conakry, les célébrations se poursuivront dans l’après-midi avec un concert mémorial « Bye bye, au revoir Ebola », rassemblant des artistes africains de renommée internationale: Youssou Ndour, Tiken Jah Fakoly, Mory Kanté, Aïcha Koné, etc… pour saluer les efforts du peuple de Guinée dans le combat contre Ebola.

Toutefois, l'Organisation mondiale de la santé avertit que la Guinée entre maintenant dans une phase de 90 jours d’une surveillance accrue afin de s’assurer de l'identification rapide de tout nouveau cas suspect avant qu’il ne puisse se propager à d’autres personnes.

(Interview : Tarik Jašarević, porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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15/12/2017
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