COP21 : les enjeux de la Conférence sur le climat à Paris plus pertinents que jamais (rediffusion)

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Les changements climatiques contribuent à intensifier l'insécurité alimentaire de nombreuses populations à travers le monde. Photo FAO/IFAD/WFP/Eliza Deacon

Retour sur la COP21, alors que la Conférence a entamé la seconde et dernière partie de ses travaux, et donc de négociations. Pour mieux comprendre, les enjeux de ce grand rendez-vous planétaire, la Radio des Nations Unies vous propose d'entendre de nouveau l'interview de cadrage que nous a accordée, il y a quelques semaines, Janos Pasztor. Au micro de Cristina Silveiro, le Sous-Secrétaire général des Nations Unies sur le changement climatique, rappelait déjà que la Conférence ambitionne pour la première fois en plus de 20 ans de négociations aux Nations Unies, d'obtenir un accord universel juridiquement contraignant sur le climat, ayant pour but de maintenir le réchauffement climatique en-dessous de 2 degrés Celsius.

Comme le souligne Janos Pasztor, la 21ème Conférence annuelle des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique (COP21) doit aboutir à « une série de décisions dénommées L’Alliance de Paris, un accord en quatre parties.

L’Alliance de Paris comprendrait un plan de réduction des émissions des pays ; un accord portant sur les « règles du jeu » caractérisant les plans nationaux et le rajustement des ambitions tous les 5 ans pour demeurer en dessous des -2ºC ; un volet sur le financement du changement climatique ; et enfin, un agenda d’action et de solution, recueillant les bonnes pratiques et les actions déjà entreprises à travers le globe.

Selon le Sous-Secretaire, le défi le plus important est désormais le peu de temps qu’il reste pour finaliser les négociations sur le texte existant. Les pourparlers de Bonn, les dernières négociations officielles avant de la réunion de Paris, ont abouti à un document de base plus long qui reflète tous les différends politiques qui sont difficiles à résoudre, à l’instar de la question de financement, ou de la différentiation des responsabilités dans l’accord.

De nombreux pays, parmi les 195 qui participent à la COP21 ont soumis leur plans nationaux ce qui témoigne de leur engagement sur la question et constitue une première.

Néanmoins de nombreuses revendications et différences persistent. Les pays plus développés, qui doivent fournir la part la plus importante du financement, redoutent les sommes qui sont en discussion.

Les pays moins avancés ou les petits États insulaires, sont très concernés car ils sont très vulnérables aux effets néfastes du changement climatiques alors qu’ils n’en sont pas responsables. Ils attendent des pays développés non seulement le financement mais aussi le partage des technologies et le renforcement de capacitation.

Les pays qui dépendent de l’exportation des énergies fossiles cherchent pour leur part une transformation « plus contrôlées et prévisibles » afin de pouvoir s’adapter.

Par ailleurs, le Sous-Secrétaire général souligne que les Objectifs de développement durable (ODD) et ceux du changement climatique sont étroitement liés.

« On ne peut pas réaliser les ODD sans arriver à notre objectif de -2ºC mais le contraire est également vrai, pour arriver à cet objectif de -2ºC il faut mettre en œuvre tout ce qui est objectif de développement » précise-t-il.

« Quand on parle des plans nationaux des pays, ces INDC, c’est vraiment la mise en œuvre des Objectifs de développement durable – les questions énergétiques, les villes, les forets—c’est tout ça ce qu’il faut faire pour réaliser les objectifs de changement climatique et les Nations Unies ont un rôle très important d’être là pour assister tous les pays à y arriver », affirme Janos Pasztor.

(Interview : Janos Pasztor, Sous-Secrétaire général sur le changement climatique; propos recueillis par Cristina Silveiro)

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20/10/2017
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