Burundi : les avertissements du Conseil des droits de l'homme pour éviter une catastrophe

Écouter /

Le Conseil des droits de l’homme a tenu ce jeudi à Genève une session extraordinaire consacrée à «la prévention d’une détérioration de la situation de droits de l’homme au Burundi».  Le Conseiller spécial pour la prévention du génocide, M. Adama Dieng, a ainsi appelé la communauté internationale à prendre des mesures urgentes afin de dissuader toute nouvelle violence et d’empêcher une escalade de la crise actuelle.

 

Si la crise était avant tout politique, il existe un risque d'une manipulation permanente de l’ethnicité – tant par les dirigeants du parti au pouvoir que des partis d’opposition. Au Conseil des droits de l'homme de l'ONU, le Conseiller spécial du Secrétaire général pour la prévention du génocide n'a pas caché son inquiétude face à des attaques ciblées basées certes sur l’affiliation politique mais parfois sur l’identité ethnique.

Adama Dieng s’est dit extrêmement préoccupé par la manipulation de l’appartenance ethnique à laquelle se livrent les dirigeants burundais des deux côtés. A cet égard, il est revenu sur le discours prononcé le 29 octobre dernier par le Président du Sénat, Révérien Ndikuriyo.

Selon ce conseiller de Ban Ki-moon, il est essentiel que le Président de la République et les principaux dirigeants «s’abstiennent de faire des déclarations inflammatoires susceptibles d’être interprétées comme incitant les populations à commettre des crimes contre leurs propres concitoyens».

Adama Dieng redoute que de telles déclarations irresponsables et dangereuses ne compliquent la situation au Burundi qui se trouve désormais à la croisée des chemins.

Il note que personne ne doit sous-estimer ce qui est en jeu présentement à Bujumbura. Il a ainsi exhumé les crimes du passé. La guerre civile entre 1993 et 2005 avait en effet coûté la vie à plus de 300.0000 personnes et fait plus d’un million de personnes déplacées au Burundi.

Et face à la gravité de la situation, Adama Dieng pense que la communauté internationale doit protéger les Burundais et empêcher des crimes atroces.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève ; avec un extrait sonore d'Adama Dieng, Conseiller spécial de l'ONU pour la prévention du génocide)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
14/12/2017
Loading the player ...