Burundi : Adama Dieng met en garde contre les risques d'une guerre civile et ethnique

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Adama Dieng, Conseiller spécial du Secrétaire général pour la prévention du génocide. (UN Photo: C.Silveiro)

Les violences de ces derniers jours au Burundi font craindre un retour de cruautés à grande échelle dans ce pays des Grands Lacs. Le Conseiller spécial du Secrétaire général pour la prévention du génocide, s’est déclaré « très inquiet de la manipulation de l’ethnicité à la fois par le gouvernement et l’opposition », dans le but de dresser hutus et tutsis les uns contre les autres. Adama Dieng a déclaré que les discours de haine et la rhétorique utilisés actuellement au Burundi ressemblaient à ceux observé au Rwanda voisin avant le génocide de 1994.

Sur un autre plan, il avertit sur les risques graves que ces violences aboutissent à une guerre civile.

Mais pour éviter que la situation ne dégénère « en crimes atroces », le Conseiller spécial du Secrétaire général pour la prévention du génocide invite la communauté internationale à contraindre les acteurs de la crise actuelle, y compris le Gouvernement burundais et l’opposition, à abandonner la voie de la violence et à engager un dialogue crédible et inclusif. La communauté internationale a la responsabilité de protéger les Burundais et d’empêcher la commission de crimes atroces, a conclu M. Dieng.

Il faut juste rappeler que le Burundi est en proie à une crise politique majeure depuis fin avril et l’annonce de la candidature controversée du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, obtenu en juillet.

Au moins 400 personnes ont été tuées depuis le 26 avril et le bilan des morts pourrait être beaucoup plus élevé. Plus de 220.000 Burundais se sont réfugiés dans les pays voisins depuis le début de la crise, selon l’ONU.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève ; avec un extrait sonore d'Adama Dieng, Conseiller spécial du Secrétaire général pour la prévention du génocide)

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23/10/2017
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