AIEA/Maroc: Formation dans des techniques nucléaires pour mieux gérer les eaux d’irrigation

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Une formation de l’AIEA-Photo: AIEA

Une formation s'est tenue dernièrement au Maroc avec la participation d'une vingtaine de chercheurs et d'ingénieurs venant de l'Algérie, le Bénin, le Botswana, la Côte d’Ivoire, l'Ethiopie, le Ghana, le Kenya, le Mali, l'Ile Maurice, le Niger, le Nigéria, le Sénégal, le Soudan, l'Uganda, le Zimbabwe et le Maroc, afin d'échanger et d'apprendre de nouvelles pratiques dans l'utilisation des techniques nucléaires et en particulier l'Isotope dans la gestion des eaux d'irrigation

Elle leur permettra également de se familiariser avec les techniques utilisées pour la séparation des composantes hydriques absorbées par le sol, les plantes et l'air par le biais de l'évaporation lesquels peuvent être simulées par des modèles mathématiques.

Organisée par le CNESTEN (Centre National de l'Énergie des Sciences et Techniques Nucléaires) du Maroc en collaboration avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), cette formation permet aux pays de mieux utiliser l’application des isotopes dans l’agriculture afin qu'ils puissent augmenter leur production agricole.

La technologie nucléaire est utile dans la lutte contre les insectes nuisibles, dans la meilleure utilisation des ressources en eau ou encore dans la mise en place des conditions pour optimiser l’efficacité des engrais et de l’eau.

La dégradation de l'environnement et la pénurie d'eau salubre sont des obstacles majeurs au développement durable. Les progrès socio-économiques ne sont pas viables sans air propre, sans eau potable, sans sols fertiles pour la production végétale et animale, ni sans environnement propre et stable propice au travail et à la vie.

Dans le cadre de son programme de coopération technique, l'AIEA transmet aux États Membres des informations et des compétences en ce qui concerne l'application pacifique des techniques nucléaires pour qu'ils puissent mieux comprendre et gérer leurs ressources en eau et en environnement.

Pour Dr. Hamid Marah Directeur scientifique du Central national d'énergie nucléaire au Maroc ''un agriculteur, lorsqu'il commence à irriguer son champs, il est incapable de savoir la quantité qui est utilisée par la plante, la quantité qui est évaporée et la quantité qui va revenir à la nappe….et l'avantage des techniques nucléaires c'est qu'on arrive à séparer et à connaître exactement la quantité d'eau qui va s'évaporer des sols, la quantité d'eau qui va être utilisées par la plante et même la quantité d'eau qui va transpirer de la plante et la quantité d'eau qui va revenir à la nappe.'' Pour lui, ces informations sont très importantes pour la gestion des ressources en irrigation. De plus, les informations obtenues par les techniques nucléaires ne sont pas accessibles par les techniques classiques. L'isotope permet donc d'obtenir toutes ces informations à un coût faible et dans une durée plus courte que dans les techniques classiques

Les prélèvements d'eau pour l'irrigation ont augmenté de plus de 60 % depuis 1960. Environ 70 % des ressources en eau douce disponibles sont utilisées pour l'irrigation en agriculture. Néanmoins, du fait de systèmes d'irrigation inefficaces, en particulier dans les pays en développement, 60 % de cette eau s'évapore ou retourne dans les rivières et les aquifères souterrains.

(Dr. Hamid Marah: Directeur au Centre National de l'Énergie des Sciences et Techniques Nucléaire; propos recueillis par Florence Westergard)

 

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16/10/2017
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