70% des réfugiés syriens au Liban vivent en-dessous du seuil de pauvreté, selon l’ONU

Écouter /

Image : PAM/UNICEF/HCR

Environ 70% des réfugiés syriens au Liban, dont le nombre total dépasse le million, vivent actuellement au-dessous du seuil libanais de grande pauvreté, soit une forte augmentation par rapport à 2014 où il n’était que de 49%, et l’insécurité alimentaire s’aggrave, a annoncé l’ONU dans un nouveau rapport publié mercredi.

« Chaque jour représente un défi considérable pour satisfaire aux besoins les plus fondamentaux », affirme ce rapport, intitulé Evaluation de la vulnérabilité des réfugiés syriens au Liban en 2015. Il souligne le caractère « frappant » de cette augmentation du pourcentage de ces réfugiés vivant avec moins de 3,84 dollars par jour.

« Nous avons atteint un point critique. Plus que jamais, les réfugiés ont besoin de notre solidarité et de notre soutien », a déclaré la Représentante du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) au Liban, Mireille Girard.

Le HCR est co-auteur du rapport, avec le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).

« Sans une réponse humanitaire forte et durable, les réfugiés risquent de glisser de plus en plus profondément dans la pauvreté », a ajouté Mme Girard.

Relevant que les réfugiés syriens représentent maintenant 25% de la population du Liban, soit le pourcentage de réfugiés le plus élevé du monde, le rapport souligne que les restrictions d’accès au marché du travail qui leur ont été imposées à la fin de 2014 ont réduit leurs chances de trouver des moyens d’existence et ont rendu encore plus difficile pour eux de subvenir à leurs besoins fondamentaux de manière autonome.

« La cause principale de l’insécurité alimentaire parmi les réfugiés syriens au Liban est leur manque de moyens de gagner de l’argent », indique le rapport.

« Le conflit syrien étant maintenant dans sa cinquième année, les réfugiés sont confrontés à de sévères restrictions d’accès au marché du travail libanais, leurs avoirs et leurs économies s’épuisent, leurs dettes s’accumulent et ils doivent remplir des exigences particulières pour légaliser leur séjour au Liban », ajoute-t-il.

(Extrait sonore: Mireille Girard, Représentante du HCR au Liban; propos recueillis par Cristina Silveiro)

 

Écouter /
LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
17/10/2017
Loading the player ...