Terrorisme : 2,6 millions de déplacés et plus d'un millier d'écoles fermées à cause de Boko-Haram

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Des réfugiés nigérians au camp de Minawao dans la région de l'Extrême-Nord, au Cameroun. Photo : UNICEF / A. Esiebo

Plusieurs pays d’Afrique, dont certains eux-mêmes frappés par l’extrémisme islamiste continuent d'exprimer leur solidarité avec la France après les attentats de Paris. Les réactions les plus fortes sont venues du Nigeria et du Kenya, victimes respectivement des Shebab somaliens et du groupe Boko Haram.

Concernant les islamistes nigérians, le Coordonnateur humanitaire de l'ONU pour la région du Sahel note que des milliers de familles continuent de fuir les exactions des insurgés islamistes nigérians. Dans cette interview accordée à la Radio des Nations, Toby Lanzer rappelle que le conflit avec Boko Haram a déjà déplacé 2,6 millions de personnes dans la région du Bassin du lac Tchad.

« La situation est très préoccupante et très tendue » dans cette région. Ces civils fuient aussi bien à l'intérieur du Nigéria, mais certains cherchent refuge au Tchad, au Niger et au Cameroun.  Dans le bassin du Lac Tchad, il y a 2,2 millions de déplacés du Nigeria parmi ces 2,6 millions de déplacés et réfugiés. Le Bureau de la coordination humanitaire de l'ONU rappelle à cet égard que dans ce lot figurent 700.000 enfants de moins de cinq ans.

Par ailleurs, la guerre contre les islamistes nigérians a conduit à la fermeture ou à la destruction de près de 1100 écoles dans les quatre pays du Bassin du Lac Tchad, privant ainsi plus de 208.000 élèves de scolarité au Nigéria, au Niger, au Cameroun et au Tchad.  Une façon de rappeler que bien souvent, les populations civiles sont les premières victimes de l'extrémisme violent qui sévit dans de nombreux pays.

Si « la sécurité est la priorité des populations », Toby Lanzer pense qu'il est essentiel d’offrir des perspectives économiques, d'éducation, des emplois à la jeunesse de la région, tentée par les activités florissantes que sont le trafic de drogue, d’armes et d’êtres humains, ou de rejoindre les rangs de groupes violents. A cet égard, le Coordonnateur humanitaire régional de l'ONU rappelle que dans cette région du Sahel, la population devrait augmenter de 150 millions de personnes dans les trois décennies à venir.

Concernant le financement, les Nations Unies n'ont jusqu'ici reçu que 40% des fonds de 396 millions de dollar américain demandés pour ses opérations dans le Bassin du Lac Tchad.

(Interview : Toby Lanzer, Coordonnateur humanitaire régional de l'ONU pour le Sahel ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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15/12/2017
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