SIDA : le virus a moins tué en 2014 et l’ONU espère doubler le nombre de personnes sous traitement

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Michel Sidibé, Directeur exécutif de l'ONUSIDA (Photo: ONUSIDA)

La progression du virus du sida recule dans le monde, mais les cinq prochaines années seront importantes.  Telle est l'une des conclusions du rapport annuel de l'ONUSIDA publié ce mardi à Genève. Le VIH a fait 100.000 victimes de moins en 2014 qu’en 2013. Les nouvelles infections sont aussi en diminution. Et selon l'agence onusienne basée à Genève, si des progrès ont été réalisés dans chaque région du monde, le rythme est trop lent.

 

Avant la Journée mondiale de lutte contre le sida 2015, ce nouveau rapport de l'ONUSIDA montre que les pays sont sur la voie de l'accélération pour mettre fin au sida d'ici à 2030 dans le cadre des objectifs de développement durable. « Le monde a stoppé et renversé la propagation du VIH », estime l’ONUSIDA qui se félicite des « progrès extraordinaires » réalisés. Un optimisme qui se manifeste par ces avancées de la riposte au VIH au cours des 15 dernières années.

En juin 2015, l'ONUSIDA estime que 15,8 millions de personnes avaient accès à la thérapie antirétrovirale, contre 7,5 millions de personnes en 2010 et 2,2 millions de personnes en 2005.  En 2014, les décès liés au sida ont ainsi chuté de 42% depuis le pic de 2004, preuve que l’élargissement de l’accès aux traitements sauve des vies. « Il nous faut le faire encore une seule fois pour briser l'épidémie de sida et l'empêcher de rebondir », a déclaré Michel Sidibé, Directeur exécutif de l'ONUSIDA.

À la fin de 2014, l'ONUSIDA estime que 36,9 millions de personnes vivaient avec le VIH. Une fois diagnostiquées, les personnes doivent avoir un accès immédiat à la thérapie antirétrovirale. Dans ces conditions, le Directeur exécutif estime aussi que les cinq prochaines années seront « critiques » pour éviter un rebond dans certaines régions. « Tous les cinq ans, nous avons été capables de doubler le nombre de personnes qui ont accès aux thérapies. C’est incroyable », estime M. Sidibé.

En attendant même si les décès ont chuté de 42% depuis le pic d’il y a une dizaine d’années,  deux millions de personnes ont été nouvellement infectées par le VIH (fin 2014) et 1,2 million de personnes sont décédées de maladies liées au sida sur cette même période.  Le continent africain reste toujours le plus touché, notamment en Afrique subsaharienne, où 25,8 millions de personnes vivent avec le virus, dont 1,4 million pour la seule année dernière. Les femmes constituent plus de la moitié des personnes touchées. Cette région alimente pour deux tiers les statistiques des nouvelles infections.

Par ailleurs, les zones « Europe orientale et Asie centrale » et « Moyen-Orient et Afrique du Nord » préoccupent l'ONUSIDA. Les nouvelles infections ont augmenté de 30% dans la première et de 26% dans la seconde depuis une quinzaine d’années. M. Sidibé met notamment en cause des problèmes législatifs ou l’absence de protection de certains groupes comme les homosexuels.

Mais pour parvenir à éliminer l’épidémie en 2030, l’ONU s’est fixée des objectifs intermédiaires pour 2020 en utilisant la formule « 90-90-90 »: 90% des personnes infectées avec le VIH doivent le savoir; 90% des personnes connaissant leur statut doivent suivre un traitement; et que 90% des personnes sous traitement aient une charge virale supprimée.

(Interview : Michel Sidibé, Directeur exécutif de l'ONUSIDA ; propos recueillis par Alpha Diallo et la Radio Suisse Italienne RSI)

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15/12/2017
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