Nigéria : une experte de l’ONU réclame la fin des expulsions forcées

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Des personnes devant les ruines de leurs maisons démolies dans le quartier de Badia, à Lagos, en octobre 2015. Photo: Sam Olukoya/IRIN

La Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur le droit à un logement décent, Leilani Farha, a demandé instamment lundi au gouvernement du Nigéria de mettre fin aux expulsions forcées dans le pays.

L’experte des droits de l’homme a fait part au gouvernement de son inquiétude concernant les démolitions et les expulsions effectuées à Badia, un quartier de Lagos, laissant des milliers de personnes sans domicile fixe.

Au total, plus de 30.000 personnes vont perdre leur domicile et leurs moyens de subsistance si les démolitions se poursuivent, selon l’experte.

« Je suis alarmée par le fait que plus de 10.000 personnes, dont des enfants, des femmes et des personnes âgées, aient été expulsées de leurs maisons sans préavis en pleine saison des pluies, avec la police ayant parfois recours à la violence pour procéder à ces expulsions », a dit Mme Farha dans un communiqué de presse.

« Il n’y a pas eu de consultations ou de discussions sur d’autres options d’hébergement temporaire mis à leur disposition », a-t-elle ajouté.

L’experte indépendante a noté que cette tendance à des expulsions forcées conduit invariablement à une augmentation du nombre de sans-abris en raison d’un manque de logements abordables et adéquats, en particulier pour les personnes vivant dans la pauvreté ou qui ont déménagé dans les villes pour échapper à la violence.

« Je demande instamment à tous les niveaux de gouvernement au Nigéria de faire cesser immédiatement ces expulsions illégales et de veiller à ce que les personnes affectées aient accès à des recours justes et efficaces, y compris une compensation financière », a-t-elle conclu.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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11/12/2017
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