Nigéria : « les déplacés du nord est du pays veulent pouvoir s'aider eux-mêmes » selon Toby Lanzer

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Des déplacés d’un camp de Maiduguri, au Nigéria. Photo: OCHA/Jaspreet Kindra

« La violence extrême dans le nord-est du Nigéria est le facteur le plus visible de l’instabilité et la nécessité acteur le plus visible de l’instabilité et la nécessité de l'action humanitaire autour du bassin du Lac Tchad, mais la pauvreté absolue et la dégradation environnementale constituent les causes profondes de la crise qui mine la région. Les origines politiques, environnementales et développementales de la crise en cours doivent être prises en compte avec un sens de l'urgence décuplé », a déclaré aujourd’hui le Sous‐Secrétaire général des Nations‐Unies et Coordonnateur humanitaire régional pour le Sahel, Toby Lanzer, à la fin d’une visite d’une semaine dans les zones touchées du Nigéria.

 

« Dans l'Adamaoua, et les états de Borno, Gombe et Yola, des centaines de milliers de familles ont été frappées par Boko Haram », a noté Lanzer. « Cette crise, qui a fait basculer près de 4 millions de personnes dans la faim et forcé 2.4 million de personnes à fuir leurs foyers, nécessite une réponse multidimensionnelle. La communauté internationale doit travailler étroitement avec les autorités nigérianes pour aider des millions de personnes en besoin aigu de protection, de nourriture, d'abris et de soins de santé. Tous les enfants méritent un accès à une éducation de qualité. Il s'agit également d'assister les personnes qui souhaitent volontairement regagner leurs foyers, puisque 200 000 personnes sont déjà retournées chez elles, tandis que d'autres souhaitent encore faire de même. »

 

Dans les Etats de l'Adamaoua et de Borno, Toby Lanzer a écouté les personnes déplacées, les communautés hôtes, et les familles récemment retournées chez elles. Il a également rencontré des représentants du gouvernement et des organisations, à la fois au niveau national et de l'Etat. Il a salué les efforts en cours du gouvernement et la mise en place récente de la Commission Présidentielle pour l’Initiative du Nord-Est dédiée au développement des zones détruites par la violence et à la réalisation de solutions à long terme pour toutes les communautés de la région.

 

« Les gouvernements ont un rôle essentiel à jouer dans la protection et l'assistance à leurs population, ainsi que dans la réponse aux problèmes sous-jacents qui engendrent la souffrance humaine », a-t-il ajouté. « Comme c'est le cas dans les trois autres pays qui bordent le bassin du Lac Tchad -le Cameroun, le Niger et le Tchad- la complexité et l’ampleur de la crise actuelle exigent un soutien continu et complémentaire de la communauté internationale. Les Nations Unies dans les quatre pays touchés contribueront à s'assurer que les personnes affectées par la crise accèdent à la meilleure aide qui soit, dans les meilleurs délais. »

Dans le cas spécifique du Nigéria, il est estimé que les organisations des Nations Unies et leurs partenaires humanitaires auront besoin d'environ 200 millions de dollars pour mener à bien leurs actions d’urgence dans le nord-est du pays en 2016.

 

(Extrait sonore : Toby Lanzer, Sous‐Secrétaire général des Nations‐Unies et Coordonnateur humanitaire régional pour le Sahel; propos recueillis par Cristina Silveiro)

 

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19/10/2017
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