Mines antipersonnel : les groupes armés en Ukraine et au Yémen gonflent le nombre de victimes

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Séance de démonstration du Service de lutte antimines des Nations Unies (UNMAS) à Mogadiscio, en Somalie. Photo ONU/Tobin Jones

Quelque 200 km2 de terres ont été déminées  dans le monde et 230.000 mines détruites en 2014. Les Etats parties ont de leur côté supprimé plus de 530.000 mines dans leurs stocks. Malgré ces résultats encourageants, le rapport annuel de l’Observatoire des mines constate tout de même une augmentation du nombre de tués, en raison de la propension des groupes rebelles à utiliser ces mines terrestres.

 

Même s’il atteint son 2e niveau le plus bas, le nombre de victimes des mines antipersonnel a augmenté en 2014. Selon ce nouveau rapport  de l’Observatoire des mines, 3.678 personnes dans le monde ont été tuées ou blessées par des mines ou des restes explosifs de guerre en 2014, une augmentation de 12 % par rapport à 2013. En moyenne, le document note qu'il y a dix victimes par jour, contre 25 victimes par jour en 1999.  Et la majorité des victimes restent des civils, dont 39% d’enfants. « Cette augmentation dans le nombre de victimes, après tant d'années, souligne la nécessité absolue de garantir tous les principes du Traité d'interdiction des mines, à la fois pendant et après un conflit, », fait remarquer l'Observatoire.

Mais ces chiffres inquiétants ne sont pas étrangers à la « nouvelle utilisation de mines antipersonnel par des groupes armés non étatiques dans les conflits en Ukraine et au Yémen, et l'utilisation continue et à grande échelle d'engins explosifs improvisés déclenchés par des victimes en Afghanistan et en Iraq ».

A cet égard, le rapport note qu'entre octobre 2014 et octobre dernier, des groupes rebelles ont utilisé des mines antipersonnel ou des engins explosifs improvisés dans au moins dix pays. Ce sont l’Afghanistan, le Myanmar, la Colombie, le Yémen, la Libye, le Pakistan, la Syrie, la Tunisie, l’Ukraine et l’Iraq. Ces trois derniers pays n'étaient pas inclus dans le rapport de l'an dernier et l'Observatoire des mines n'avait pas enregistré un nombre si élevé depuis 2006.

Par ailleurs, l’utilisation par les gouvernements est restée faible. Seules la Corée du Nord, la Birmanie et la Syrie, qui n’ont pas ratifié le Traité d’interdiction des mines antipersonnel, ont eu recours à ces munitions.

En revanche, le Mozambique est devenu en septembre dernier le 28e Etat partie au Traité à être exempt de mines. Au total, 61 pays ou territoires, dont 33 Etats parties, restent contaminés par les mines. Quelque 200 km2 de terres ont été déminées et 230.000 mines détruites en 2014, principalement en Afghanistan, au Cambodge, et en Croatie. En outre, les Etats parties ont supprimé plus de 530.000 mines dans leurs stocks.

Le rapport 2015 de l'Observatoire des mines a été publié ce jeudi à Genève par la Campagne internationale pour interdire les mines en amont de la Quatorzième Assemblée des Etats Parties au Traité d'interdiction des mines qui se tiendra à l'Office des Nations Unies à Genève du 30 novembre au 4 décembre 2015.

(Extrait sonore : Amelie Chayer, Responsable des politiques et des relations gouvernementales, Campagne internationale pour interdire les mines ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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08/12/2017
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