L'ONU appelle les Etats à continuer à honorer les esclaves africains et leurs descendants

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Le mémorial sur l'héritage de l'esclavage au siège de l'ONU à New York. Photo : ONU/Devra Berkowitz

A l’occasion d’un débat sur le suivi de la commémoration du bicentenaire de l’abolition de la traite transatlantique des esclaves, le Président de l’Assemblée générale de l’ONU, Mogens Lykketoft a appelé mercredi les Etats à continuer à honorer les esclaves africains et leurs descendants et à reconnaître leurs contributions respectives à nos sociétés.

« Le débat d’aujourd’hui est une excellente occasion de se pencher sur l’Histoire, les leçons que nous en avons tirées et les progrès réalisés depuis l’abolition de la traite négrière et de l’esclavage », a déclaré Mogens Lykketoft à l’Assemblée générale de l’ONU. « L’esclavage demeure sans aucun doute l’un des chapitres les plus sombres de notre passé et, en cette année du 70ème anniversaire de l’ONU, il semble opportun que nous nous engagions à sensibiliser le public à propos de son héritage d’horreur sans précédent ».

Pendant plus de 400 ans, plus de 15 millions d’hommes, de femmes et d’enfants ont été victimes de la traite transatlantique des esclaves. Le débat d’aujourd’hui à l’Assemblée avait pour but de réaliser un suivi de la commémoration du bicentenaire de l’abolition de l’esclavage en 2007 et de l’édition 2015 de la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves.

« Alors que nous nous réunissons aujourd’hui, nous devrions continuer à honorer les esclaves africains et leurs descendants, et à reconnaître leurs contributions respectives à notre monde et à nos sociétés », a déclaré le Président de l’Assemblée, précisant que le dernier rapport du Secrétaire général sur la question souligne les efforts déployés en termes d’éducation et de sensibilisation du public pour commémorer et honorer les victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves.

« À cet égard, je félicite le Département de l’information [de l'ONU] pour avoir choisi ‘Les femmes et l’esclavage’ comme thème pour son édition 2015 », a-t-il déclaré.

« Comme le dit un historien, être à la fois femme et esclave était à triple tranchant : une femme esclave était noire dans une société blanche, une esclave dans une société libre et une femme dans une société dominée par les hommes », a rappelé Mogens. Lykketoft, soulignant que, malgré cette condition, les femmes esclaves africaines étaient en grande partie responsables de la préservation et de la transmission de la culture de la diaspora africaine dans les Amériques et les Caraïbes.

Afin d’honorer la mémoire des victimes, un mémorial permanent a été érigé cette année au Siège de l’Organisation à New York. Conçue par l’architecte américain d’origine haïtienne Rodney Leon et intitulée ‘L’Arche du retour’, cette sculpture a été inaugurée le 25 mars 2015 lors de la Journée internationale.

Durant le débat de mercredi, l’Assemblée générale a adopté une résolution à l’unanimité accueillant avec satisfaction « l’érection au Siège de l’Organisation des Nations Unies, dans un endroit bien en vue auquel les délégations, le personnel de l’Organisation et les visiteurs pourront avoir facilement accès, de l’Arche du retour ».

La résolution demande par ailleurs aux États membres d’élaborer, conformément à leur législation nationale, « des programmes éducatifs visant à faire connaître et comprendre aux générations futures, y compris dans le cadre des programmes scolaires, les enseignements, l’histoire et les conséquences de l’esclavage et de la traite des esclaves ».

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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15/12/2017
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