Les progrès réalisés par les femmes dans les médias stagnent, selon ONU-Femmes

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Plus de 100.000 personnes ont particpé au Marathon international d'Istanbul 2015, le 15 novembre, avec le slogan "Dites non aux violences à l'égard des femmes". Photo: ONU Femmes/Müslüm Bayburs

Il existe une sérieuse disparité entre la représentation des femmes et celle des hommes dans les médias d’information et les progrès vers l’égalité des genres dans ce domaine ont stagné ces cinq dernières années, selon une nouvelle étude parrainée par ONU-Femmes.

L’ensemble des conclusions du rapport du Projet mondial de surveillance des médias (GMMP) montre que dans le monde entier, les femmes constituent environ 50% de la population, mais seulement 24% des personnes entendues, vues ou faisant l’objet de nouvelles dans les journaux, à la télévision et à la radio sont des femmes, ce qui représente exactement le même taux que dans le rapport de 2010.

La relative invisibilité des femmes dans les médias d’information traditionnels se retrouve dans les médias numériques. Seules 26% des personnes figurant dans les nouvelles diffusées sur Internet et les « tweets » sont des femmes.

Le GMMP est un projet de l’organisation non gouvernementale World Association for Christian Communication (WACC) avec le soutien d’ONU-Femmes. La première enquête sur l’image des genres donnée dans les médias d’information a été réalisée en 1995, puis tous les cinq ans après cette date.

« Les médias ont la possibilité de faciliter plus rapidement et de manière plus approfondie l’égalité des genres et les progrès des femmes – ou au contraire d’y faire obstacle. Ce rapport doit résonner comme un appel pour réveiller les entreprises de médias et les salles de rédaction », déclare la Directrice exécutive d’ONU-Femmes, Phumzile Mlambo-Ngcuka.

« Les manières dont les femmes sont présentées dans les médias ont un effet considérable sur les attitudes de la société et renforcent les rôles traditionnels des genres. Les femmes et les jeunes filles représentent la moitié de l’humanité. Le fait d’accorder la même durée et le même poids aux nouvelles qui les concernent, en les présentant comme des modèles à suivre et non pas comme des victimes, contribuerait, dans une mesure dont on n’a pas suffisamment conscience, à créer pour toutes et tous et monde meilleur et plus libre », a-t-elle ajouté.

La publication de cette étude intervient alors que la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes sera célébrée le 25 novembre. La prévention sera le thème de cette année et ONU-Femmes va lancer une campagne de 16 jours visant à sensibiliser et à mobiliser les populations dans le monde entier pour changer la condition des femmes survivantes de la violence.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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17/10/2017
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