Le Burundi se trouve à un « tournant extrêmement dangereux », selon l’ONU

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Des images de Bujumbura qui témoignent des violences au Burundi (Photo: Desire Nimubona/IRIN)

Le Burundi se trouve à un « tournant crucial et extrêmement dangereux ». Tel est le nouvel avertissement du Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme au lendemain de sa déclaration devant le Conseil de sécurité de l'ONU.  Dans un communiqué rendu public ce mardi à Genève, Zeid Ra'ad Al Hussein a appelé le Conseil à prendre des mesures urgentes pour stopper les violences au Burundi.

Le Chef des droits de l'homme de l'ONU a exhorté celui-ci à garder le Burundi au premier rang de ses priorités et à explorer toutes les options possibles afin d'empêcher davantage de violence, y compris des mesures pour geler les avoirs de ceux qui incitent à la violence ou y prennent part et de possibles interdictions de voyager. « Le Conseil pourrait aussi envisager d'invoquer le Chapitre VII de la Charte pour arrêter les violences en cours et empêcher un conflit régional », a fait remarquer Zeid Ra'ad Al Hussein.

Sur le terrain, il faut juste rappeler que la semaine passée, le Président burundais Pierre Nkurunziza avait fixé un ultimatum aux Burundais pour qu'ils rendent toutes les armes détenues. Il avait averti que ceux qui ne le respecteraient pas, seraient traités comme des « ennemis de la nation ». Le Président du Sénat a à son tour récemment ordonné aux chefs de quartiers d'identifier les « éléments qui ne sont pas en ordre » et de les dénoncer à la police pour qu'elle s'occupe de leur cas. Il a aussi appelé la police à se préparer à finir le travail.

« Des phrases comme celles-ci rappellent un langage que cette région a déjà entendu par le passé et ne devrait plus entendre à nouveau. Elles pourraient signaler l'imminence de violences bien plus graves et étendues », a averti Zeid Ra'ad Al Hussein.

Selon le Haut-Commisaire, au moins 240 personnes ont été tuées depuis le début des manifestations en avril. Au cours du seul mois dernier, des centaines de cas d’arrestations et de détentions arbitraires ont eu lieu, visant des membres de l’opposition, des journalistes, des défenseurs des droits de l’homme et leurs familles, des personnes assistant aux funérailles de ceux qui ont été tués et des habitants de quartiers perçus comme soutenant l’opposition.

Zeid Ra’ad Al Hussein a ajouté que de nombreuses allégations crédibles de tortures existaient, notamment dans un lieu géré par les services de renseignements (SNR) à Bujumbura. Il a exigé le désarmement des Imbonerakure (la ligue des jeunes du parti au pouvoir, considérée comme une milice par l’ONU) et de toutes les personnes détenant illégalement des armes.

(Interview : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme ; Propos recueillis par Alpha Diallo)

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15/12/2017
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