La Stratégie de l’ONU pour le Sahel a besoin de l’appui de la communauté internationale, selon l’Envoyée de l’ONU

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L'Envoyée spéciale pour le Sahel, Hiroute Guebre Sellassie, devant le Conseil de sécurité. Photo ONU/Rick Bajornas

Alors que le monde a été récemment frappé par une série d’attaques terroristes sanglantes, l’unité et la solidarité des États Membres sont plus que jamais nécessaires à la mise en œuvre de la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel, une région qui abrite de nombreux groupes extrémistes, a plaidé mercredi l’Envoyée spéciale du Secrétaire général chargée d’assurer le suivi de cette stratégie.

Venue présenter au Conseil de sécurité le dernier rapport en date du Secrétaire général sur la question, Mme Hiroute Guebre Sellassie a déclaré que les partenariats mondiaux « ne sont plus une option, mais une condition de survie ».

C’est tout particulièrement vrai pour une sous-région où près de 41 millions de jeunes âgés de moins de 25 ans sont exposés à la radicalisation ou contraints à quitter le pays en l’absence d’opportunités économiques, a fait observer Mme Sellassie.

Dans son rapport, le Secrétaire général explique que « la prolifération des armes, la libre circulation des groupes armés à travers les frontières et la présence de groupes terroristes continuent de porter préjudice aux moyens de subsistance, à la bonne gouvernance et au développement humain » du Sahel. Ce « cercle vicieux intenable » ne peut qu’empirer en l’absence d’une assistance internationale vigoureuse, a ajouté l’Envoyée spéciale.

Il y a toutefois des raisons d’espérer, a-t-elle fait remarquer, en citant l’amélioration de la coordination et de la cohérence « à l’échelle du système des Nations Unies » dans la mise en œuvre de la Stratégie intégrée, ainsi que la multiplication des synergies et des plateformes entre toutes les parties prenantes concernées : États Membres de la sous-région, organisations régionales, gouvernements, société civile et « communautés bénéficiaires ».

La Stratégie intégrée se fonde sur trois piliers : la bonne gouvernance dans l’ensemble de la région; des mécanismes de sécurité nationaux et régionaux capables de faire face aux menaces transfrontières; et l’intégration des plans humanitaires et de développement afin d’assurer la résilience à long terme.

Si elle a reconnu qu’il incombait en premier lieu aux dirigeants des pays du Sahel de répondre aux défis auxquels ils sont confrontés, l’Envoyée spéciale a cependant estimé que les « facteurs aggravants » étaient tels qu’ils ne pouvaient pas s’en acquitter eux-mêmes ».

C’est la raison pour laquelle Mme Sellassie a exhorté le Conseil à tirer parti des mécanismes existants et à « améliorer les mandats » en vue d’assurer un contrôle renforcé des trafics de stupéfiants dans la région du Sahel. Elle a également plaidé en faveur de l’inscription sur la Liste récapitulative des sanctions des individus ou entités qui financent ou soutiennent des activités terroristes au Sahel.

(Extrait sonore: Hiroute Guebre Sellassie, Envoyée spéciale du Secrétaire général pour le Sahel)

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19/10/2017
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