La résistance aux antibiotiques une grave menace, selon l'OMS

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Photo OMS/S.Volkov

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'inquiète de la résistance aux antibiotiques. L'OMS déclare qu'elle constitue aujourd'hui l'une des plus graves menaces pesant sur la santé mondiale. Phénomène naturel l'antibiorésistance s'est accélérée par le mauvais usage des antibiotiques chez l'homme et l'animal.

De nombreuses infections, comme la pneumonie, la tuberculose et la gonorrhée, sont devenues plus difficiles à traiter face à la perte d'efficacité des antibiotiques utilisés pour les combattre, précise l'OMS.

La résistance aux antibiotiques est à l'origine d'hospitalisations prolongées et entraîne une augmentation des dépenses médicales et de la mortalité.

Les antibiotiques sont des médicaments utilisés pour prévenir et traiter les infections bactériennes. Une antibiorésistance survient lorsque les bactéries évoluent en réponse à l'usage de ces médicaments.

Ce sont les bactéries, et non les hommes, qui deviennent résistantes aux antibiotiques, pouvant alors provoquer chez l'homme des infections plus difficiles à traiter que celles qui sont dues à des bactéries non résistantes.

La résistance aux antibiotiques est à l'origine d'hospitalisations prolongées et entraîne une augmentation des dépenses médicales et de la mortalité. Dans la seule Union européenne, on estime que les bactéries pharmacorésistantes sont responsables chaque année de 25 000 décès, avec des coûts s'élevant à plus de 1,5 milliard de dollars en frais de santé et pertes de productivité. Nous devons de toute urgence changer la manière dont nous prescrivons et utilisons les antibiotiques, dans le monde entier.

Même si nous parvenons à mettre au point de nouveaux médicaments, l'antibiorésistance demeurera une grave menace tant que nos comportements n'auront pas évolué. Parmi les changements de comportement à adopter figurent également la réduction de la propagation des infections par la vaccination, le lavage des mains et une bonne hygiène alimentaire.

La résistance aux antibiotiques atteint désormais des proportions dangereuses dans toutes les régions du monde. Chaque jour, de nouveaux mécanismes de résistance voient le jour et se propagent à l'échelle mondiale, compromettant notre capacité de traiter les maladies infectieuses les plus courantes. Pour un nombre croissant d'infections, comme la pneumonie, la tuberculose, la septicémie et la gonorrhée, le traitement est devenu difficile, voire impossible, suite à la perte d'efficacité des antibiotiques.

Dans les pays où les antibiotiques sont délivrés sans ordonnance, l'émergence et la propagation de cette résistance sont encore plus flagrantes. De même, dans les pays dénués de guides thérapeutiques normalisés, les antibiotiques font souvent l'objet d'une prescription excessive de la part des agents de santé et d'une utilisation abusive par la population.

Si nous ne réagissons pas immédiatement, nous entrerons bientôt dans une ère postantibiotique dans laquelle les infections courantes et les traumatismes mineurs pourront de nouveau être mortels.

L'OMS accorde une grande priorité à la lutte contre l'antibiorésistance. Un Plan d'action pour combattre la résistance aux antimicrobiens, qui inclut la résistance aux antibiotiques, a été approuvé par l'Assemblée mondiale de la Santé en mai 2015. Il vise à préserver notre capacité de prévenir et traiter les maladies infectieuses à l'aide de médicaments sûrs et efficaces.

Ce Plan d'action mondial définit 5 objectifs stratégiques:

1. améliorer la sensibilisation et la compréhension du phénomène de résistance aux antimicrobiens;

2. renforcer la surveillance et la recherche;

3. réduire l'incidence des infections;

4. optimiser l'usage des agents antimicrobiens;

5. consentir des investissements durables pour combattre la résistance aux antimicrobiens.

(Propos du Docteur Carmen Pessoa Da Silva, responsable de l’unité antimicrobienne à l'OMS, recueillis par Tsigué Shiferaw)

 

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20/10/2017
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