La FAO recommande d’intégrer la diversité génétique dans les plans d’adaptation au changement climatique

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Un champ de sorgho en Uruguay. Photo FAO/Sandro Cespoli

En préparation de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques qui s’ouvre dimanche à Paris, la FAO a publié mardi de nouvelles directives visant à permettre aux pays de mieux conserver et gérer durablement leurs ressources génétiques face à l’évolution du climat.

Les Directives volontaires pour l’intégration de la diversité génétique dans les plans nationaux d’adaptation au changement climatique visent à garantir que les plans nationaux prennent en compte les ressources génétiques pour l’alimentation et l’agriculture, a indiqué la FAO dans un communiqué de presse.

Ces ressources englobent toute la diversité des végétaux, des animaux, des forêts, les ressources aquatiques, les micro-organismes et les invertébrés qui jouent un rôle dans l’alimentation et la production agricole.

Tandis que ces formes de vie sont elles-mêmes menacées par le changement climatique, leur patrimoine génétique en fait des acteurs clés pour relever les défis que ces changements présentent, poursuit le communiqué. Si elles sont correctement conservées et exploitées, les ressources phytogénétiques peuvent par exemple fournir des semences pouvant tolérer l’aridité ou prospérer dans un climat plus aride, résister à des gelées, à des inondations ou à la salinité des sols. Les races de bétail élevées dans de rudes environnements sur une longue période tendent à acquérir des caractéristiques leur permettant de s’adapter à toutes ces conditions.

Des politiques qui anticipent les besoins futurs et planifient la gestion des ressources génétiques en tant que réservoir et outil essentiel peuvent permettre de créer des systèmes agricoles et de production vivrière plus résilients. Pour promouvoir des décisions prises en connaissance de cause, la FAO met au point, par exemple, un instrument pouvant servir à prévoir l’impact du changement climatique sur la répartition des races d’élevage.

« Les ressources génétiques pour l’alimentation et l’agriculture devront contribuer sensiblement à nos efforts d’adaptation au changement climatique », a déclaré Maria Helena Semedo, Directrice générale adjointe de la FAO, Coordonnatrice des ressources naturelles. « Il nous faut agir maintenant pour atténuer le risque que l’ampleur et la rapidité du changement climatique puissent dépasser notre capacité d’identifier, de sélectionner, de reproduire et – enfin – d’utiliser ces ressources sur le terrain », a-t-elle ajouté.

Si les tendances actuelles se confirment, les rendements de certaines cultures de base en 2050 pourraient être inférieurs de 25% à ceux d’aujourd’hui, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur les changements climatiques (GIEC). Ces projections rendent d’autant plus pressants les plans d’organisation des ressources génétiques, notamment compte tenu du fait qu’environ 60% des apports alimentaires de l’homme dépendent de cinq céréales seulement – riz, blé, maïs, mil et sorgho.

Il n’existe actuellement aucune approche commune à l’intégration de la biodiversité agricole dans les plans stratégiques pour l’adaptation au changement climatique. C’est cette lacune que les Directives visent à combler.

« Nous devons maintenant sécuriser et mobiliser les ressources génétiques pour disposer de solutions pour l’avenir – avoir des moyens améliorés de conservation, d’ information et d’utilisation – et planifier. Les financements sont indispensables pour appuyer les pays dans ce processus », a expliqué Irene Hoffmann, Secrétaire de la Commission intergouvernementale de la FAO sur les ressources génétiques pour l’alimentation et l’agriculture, sous l’égide de laquelle les directives ont été élaborées.

Avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), la FAO aide actuellement huit pays en développement à la mise au point de leurs Plans nationaux.

Des efforts plus importants doivent être déployés pour conserver et soutenir l’utilisation durable des variétés végétales et des races animales, ainsi que pour collecter et conserver les plantes sauvages apparentées d’importantes cultures vivrières. Promouvoir la conservation de la diversité agricole sur site permet une évolution en phase avec les changements environnementaux. Des banques de gènes régionales et mondiales conservent des collections de sauvegarde du matériel génétique que l’on peut exploiter en appui aux mesures d’adaptation au changement climatique.

Etant donné que les pays dépendent de la diversité génétique d’autres pays et régions, la coopération internationale et l’échange de ce matériel est cruciale. A cet égard, la Commission a négocié le Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture, qui permet aux chercheurs et aux sélectionneurs d’accéder aux ressources génétiques d’autres nations.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

 

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16/10/2017
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